Quels joueurs pour le Thunder au second tour ?

Les cibles potentielles

Les guards

  • Joshua Primo (PG, 18 ans, 198cm, 84kg, 206cm d’envergure, Alabama Crimson Tide)

Longtemps incertain de vouloir se présenter dès cette année, Joshua Primo a finalement décidé de garder son nom inscrit pour cette Draft 2021. Et grand bien lui fait puisque sa valeur monte depuis quelques semaines. D’abord projeté en début de second tour, il semble désormais plus proche du top 25 que du top 35 et ce pour plusieurs raisons.

Déjà le joueur est jeune, très jeune puisqu’il est de Décembre 2002. Du haut de ses 18 ans, Primo représente un pari : oui il est à l’heure actuelle un produit pas terminé, un joueur probablement moins fort que certains qui seront draftés plus bas dans cette Draft à son poste, mais la franchise qui va le choisir pourra se dire qu’il sera, quand il aura atteint 20 ans, meilleur que ces joueurs. Quand on sait que le Thunder n’est pas pressé dans sa reconstruction (chose que vous allez souvent lire durant ces scoutings), pourquoi pas tenter le pari de ce très jeune joueur, et il semble au moins intéresser Presti puisqu’il a été interviewé.

Mais il ne faut pas pour autant penser que Primo est prévu pour partir en fin de premier tour uniquement grâce à son jeune âge. Au contraire, le canadien montre déjà des choses très intéressantes en terme de plancher. Déjà d’un simple point de vue shoot : cette saison Primo c’est 38,1 % de réussite derrière l’arc pour 3,8 tentatives par match. Rester derrière l’arc est d’ailleurs ce qu’il a fait la majeure partie de la saison NCAA, puisque plus de 58% de ses shoots étaient des 3pts, symbole d’un joueur qui ne sera jamais un grand scoreur près du panier mais plutôt un guard qui va sanctionner derrière l’arc, à l’image d’un Anfernee Simons, principale comparaison pour lui. Si on s’intéresse à son shoot et aux tirs pris, on se rend souvent compte que ces tirs sont très souvent des catch and shoot, avec un amour tout particulier pour le tir à 0 degré suite à un kick-out. La mécanique n’est pas la plus belle, il a parfois tendance à plus pousser la balle que la fouetter mais force est de constater que ça tombe dedans.

Autre point positif chez le gamin, c’est sa taille. En effet, Primo c’est 198 centimètres, ce qui est très grand pour un meneur, même en NBA. Cette taille, cumulée à une bonne envergure (206 cm) lui permet d’être un défenseur tout-à-fait correct. Globalement, son approche collective de la défense laisse à désirer mais en défense individuelle il est excellent, du fait de sa longueur en taille et en envergure. Il pourra défendre les 1 ainsi que les 2 sans aucun problème et même les 3 sur switch, à condition de s’étoffer un peu physiquement mais ce n’est pas le plus difficile.

En revanche, pour ce qui est de ses défauts, certains sont fâcheux pour un supposé PG. Déjà le gamin ne sait pas créer son shoot et n’a que très peu joué comme créateur. Seulement 6,5 % d’AST contre 16% de TO, c’est moche. Ca montre qu’il ne saura jamais réellement créer et qu’il sera plus un shooter en spot-up. Pareil pour son utilisation : 17,6% d’Usage et moins de 7 tirs tentés par match. C’est peu, mais aussi explicable par le contexte de cette équipe d’Alabama, avec beaucoup de bons créateurs à côté de lui, mais malgré tout difficile de croire en son potentiel de playmaker.

Autre point négatif : sa régularité au tir. Les 38% derrière l’arc sont alléchants, surtout à son âge, mais les stats détaillées témoignent surtout d’un joueur très streaky, capable de faire un 21/42 en Janvier et un 5/20 en Mars. Et comme dit plus haut : la quasi totalité de ces tirs à 3pts sont des tirs en catch and shoot, donc plus simple à rentrer que des pull-up qui viennent plomber les % de certains joueurs mais qui n’en font pas d’eux de moins bons shooters. Difficile alors pour lui de voir le terrain si sa réussite est irrégulière et qu’il ne peut pas créer pour les autres.

Bref, vous l’aurez compris, le profil de Primo est un profil intéressant, une sorte de 3&D au poste de PG qui pourrait plutôt bien coller aux côtés d’un Shai. Son âge est un facteur positif, sa polyvalence défensive aussi, mais il lui faudra être efficace de suite en NBA s’il veut une place durable dans la grande ligue.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et d’Harper ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Ayo Dosumnu (PG, 21 ans, 195cm, 83kg, 206cm d’envergure, Illinois Fighting Illini)

Si vous suivez le championnat NCAA, vous avez très probablement entendu parler et vu évoluer Ayo Dosunmu. Depuis 3 saisons, le guard est titulaire à Illinois et a montré une progression constante année après année. La saison dernière, Dosunmu avait toutes les cartes en main pour performer, ayant choisi de revenir à la fac plutôt que se présenter à la draft. Le meneur n’a clairement pas déçu, en s’imposant comme l’un des meilleurs joueurs NCAA, ou du moins l’un des plus impactants. Ancienne recrue 5 étoiles, Ayo a mis le temps avant de confirmer son potentiel, mais a réussi l’année dernière. Néanmoins, son profil n’est pas forcément celui qui fera le plus rêver les fans du Thunder, malgré des qualités flagrantes.

Physiquement d’abord, Dosunmu est intéressant et possède les atouts pour la grande ligue. Assez grand pour son poste (1m95 environ), il a une bonne envergure même s’il reste plutôt fin. Ahtlétiquement, s’il n’est pas élite, c’est un joueur largement capable de tenir le choc au niveau supérieur, avec une vitesse et une détente verticale assez intéressante.

Ces qualités athlétiques font de lui un très bon défenseur, ce qui est pour moi sa qualité première. Dosunmu est potentiellement capable de défendre les postes 1 à 3, sa longueur lui permettant de ne pas trop subir face aux ailiers plus grands. Sur les guards, il a montré de très bonnes choses. Son attitude d’abord est peut-être ce qui m’a le plus marqué. Ayo est toujours très concerné et intense en défense, qu’il soit off-ball ou sur le porteur. Il a une bonne vitesse latérale ce qui lui permet de contenir la majorité des drives adverses. Sa longueur de bras lui permet ensuite souvent de contester le tir avec efficacité. Il a aussi montré de bonnes capacités à naviguer à travers les écrans, non-porteurs ou porteurs, et il s’est permis par moment d’être en surpression sur l’attaquant adverse, avec un résultat souvent positif. Concrètement, dès son entrée en NBA, il sera positif en défense, surtout en sortie de banc.

Offensivement, Dosunmu est loin d’être inintéressant. Beaucoup utilisé balle en main, il a d’abord montré des bonnes facultés à la passe et à la création. Il a été capable de gérer le rythme en attaque, de faire de bonnes lectures sur jeu placé et sur Pick&Roll, tout en étant agressif pour lui-même.

S’il doit encore faire progresser son dribble pour éviter de nombreuses pertes de balle, il est capable de changer de rythme et de jouer un peu avec la défense pour se créer des espaces, notamment pour les drives. Il fait d’ailleurs preuve d’une belle agressivité au cercle, qualité accentuée sur contre-attaque et transition. Je suis plutôt satisfait par ce que j’ai vu de ses finitions près du cercle, où il fait parfois preuve d’un bon toucher, mais il doit encore travailler sur les impacts et les contacts sous le cercle.

Le guard a été un peu moins à l’aise quand il a fallu créer pour lui-même ou sur du 1v1 pur. Cela ne sera clairement pas son point fort à son entrée dans la ligue. De même, s’il a par moment montré qu’il pouvait prendre quelques mi-distance ou pull-up, cela reste très sporadique et n’est pas un atout. Son tir d’ailleurs n’est pas encore une certitude. La gestuelle est plutôt moyenne, avec un ballon qui part de la gauche (il est droitier). On sent que ce n’est pas son exercice favori. Certes ses pourcentages restent honnêtes (39% l’année dernière) mais l’échantillon est faible.

Son tir sera clairement sa limite, mais il peut aussi parfois lisser son jeu offensif en limitant les pertes de balle (15% de turnover rate). Dosunmu a encore tendance à tenter des tirs ou des passes trop compliquées , ce qui ne l’aide clairement pas à avoir un bon ratio assist/turnovers.

Enfin, un aspect à ne pas négliger quand on analyse un prospect : le mental. Encore un point où Ayo marque des points. Le guard a une super réputation à Illinois, où il s’est affirmé en exemple sur et en dehors des terrains. S’il a pris le rôle de leader cette saison, il en a assumé les responsabilités puisque Dosunmu a été particulièrement bon et productif dans le clutch, de là à se faire une petite réputation dans les moments chauds. Un joueur qui n’a pas peur donc.

L’attitude du guard, sa combativité et son impact défensif notamment font de lui un joueur qui sera pour moi apprécié des fans. C’est un type de joueur toujours utile, sur qui on peut compter en n’importe quelles circonstances. Mais s’il n’a pas de réel défaut, Dosunmu n’est élite nulle part, ce qui pourrait être problématique. En effet, en sortie de banc et notamment avec les choix de fin de premier tour (là où il est annoncé), les équipes cherchent bien souvent des spécialistes, ou font de gros paris sur des joueurs avec des plafonds énormes, sans aucune certitude de confirmation. Ce qui n’est pas le cas du guard, attendu comme un futur role player.

Si Dosunmu sera capable de jouer en NBA, que va-t-il réellement apporter à par une rotation correcte ? Quel aspect de son jeu va lui permettre de gagner facilement des minutes ? Pas sûr que le Thunder tente de répondre à cette question, surtout vu son âge, et ce malgré un workout pour la franchise…

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et d’Harper ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Jaden Springer (PG/SG, 18 ans, 193cm, 103kg, 210cm d’envergure, Tenessee Volounteers)

Springer est l’un des joueurs de notre article annoncé le plus haut dans les mocks des spécialistes. En effet, prospect parmi les plus jeunes de la draft, le guard, qui a une famille remplie de basketteurs, a montré de très bonnes choses dans la belle équipe de Tennessee.

D’abord, ce sont ses qualités défensives qui font de lui un joueur désiré par les franchises. Son premier atout en défense : ses bras immenses. Annoncé à environ 1m93, Jaden a une envergure de 2m10 ! Automatiquement, ses bras sont un énorme avantage pour gêner l’attaquant adverse, mais si on ajoute en plus une bonne puissance de haut et du bas du corps, on est face à un défenseur très solide.

Springer a d’ailleurs posé beaucoup de problèmes à son vis-à-vis match après match, tant il agit comme un véritable stoppeur, capable d’annihiler un scoreur adverse en le dominant physiquement, en lui faisant subir la pression. Collectivement, Springer se montre en plus intéressant dans les rotations et les aides, et a souvent agi comme leader vocal. Son énergie et sa discipline peuvent lui permettre de défendre potentiellement des postes plus grands sur les switchs.

Springer sait aussi se servir de ses qualités athlétiques en attaque. Sa force déjà bien développée lui permet de se créer des accès au cercle, où il a été particulièrement efficace lors de son année freshman. Il sait absorber le contact, se servir de ses épaules et si besoin sanctionner la défense par un floater qu’il utilise parfois bien. Jaden dégage aussi une certaine sensation de contrôle sur ses drives et son jeu offensif, accentué par le fait qu’il prend très souvent des appels à deux pieds. Cela lui permet de mieux lire la défense et de prendre des bons tirs en limitant certaines erreurs. D’ailleurs, sur ses arrêts simultanés, il montre une bonne détente pour finir au cercle.

Springer a aussi montré quelques bribes de création à Tennessee, ce qui laisse penser à un plafond où il pourrait un peu créer en NBA, en tant que 3ème option par exemple. Il arrive parfois à manipuler la défense pour faire le bon choix, mais manque clairement de handle pour être décisif dans ce rôle. Son handle est d’ailleurs sûrement son plus grand défaut, car il ne lui permet de passer son défenseur ou d’être complètement serein balle en main.

Ensuite, si j’ai dit beaucoup de bien de Springer physiquement, sa vitesse est clairement un défaut offensivement. Le guard semble incapable de passer complétement son joueur par la vitesse et sur un premier pas.

Enfin, son tir. Si son pourcentage extérieur est impressionnant (43%), l’échantillon ne l’est pas. Il a très peu scoré en pull-up, et n’en semble pas capable pour l’instant, et n’a eu que trop peu d’opportunités en spot-up. Sa gestuelle est plutôt correcte et pourrait être synonyme d’efficacité, mais je ne pense pas qu’il deviendra un grand shooteur. Devenir un shooteur fonctionnel reste par contre largement plausible.

Pour obtenir les services de ce prospect très intéressant, OKC devra donc monter dans la fin du premier tour. Mais Springer en vaut-il réellement la peine ? Ses limites de handle, au tir et sur le 1v1 risquent effectivement de le limiter dans la grande ligue, où il sera moins dominant physiquement. De même, des doutes sont présents sur son rôle, puisqu’il ne peut pas être le premier créateur sur le terrain, et n’a pas montré des qualités off-balls transcendantes, à part sur des coupes.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et d’Harper ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Josh Christopher (SG, 19 ans, 196cm, 98kg, 206cm d’envergure, Arizona State Sun Devils)

Un arrière qui provient d’Arizona State, ça ne vous dit pas quelque chose ? Non on ne parle pas de James Harden ou de Luguentz Dort mais bien de Josh Christopher. Et pour être très honnête, le gamin lorgne plus du côté de James Harden que de notre Lu Dort adoré.

Coéquipier de Marcus Bagley dont on était censé vous parler avant qu’il ne décide de se retirer la Draft, Josh Christopher peut se résumer en seul mot : attaque. Auteur d’une saison à 14 points de moyenne dans la PAC-12, Josh Christopher aura consacré la majeure partie de ses minutes sur le parquet à essayer de mettre le ballon dans le panier, et on peut dire qu’il est plutôt bon dans ce registre. Il suffit de regarder ses highlights pour se rendre compte qu’il est capable de scorer à 3 niveaux : en drive, donc près du panier, du mid-range et à 3pts, chose incroyablement valuable dans la NBA actuelle, encore plus rare chez un joueur qui risque de partir en fin de 1er tour.

Le jeu offensif de Christopher est franchement pas difficile à décrire : à partir du moment où il va récupérer la balle, il va essayer de marquer, avec des résultats… parfois aléatoire. En effet, cette saison Christopher aura tourné à 43,2% au tir, dont 30,5 à 3pts et 80 aux lancers. Comme vous pouvez le constater avec ces pourcentages, il y a à boire et à manger. Déjà, ses deux plus grosses qualités selon moi sont son handle ainsi que son physique. Tout deux lui permettent d’aller au panier sans trop de difficulté pour ensuite soit terminer au panier en prenant le contact physique, soit provoquer des lancers, domaine dans lequel il est plutôt bon (plus de 31 de Free Throw Rate), avec une belle réussite.

Les 30% derrière l’arc peuvent aussi s’expliquer par le fait qu’il prend beaucoup de pull-up, donc des tirs plus durs que des catch and shoot. La mécanique est belle et il n’y a pas de doutes que Josh Christopher sera un bon shooter en NBA. Sûrement pas élite mais capable de tourner à 35 ou 36%. A mi-distance aussi il montre de belles choses, capable de s’arrêter dans le drive pour tirer alors que le défenseur s’attend à un drive. Il possède globalement toutes les armes du joueur offensif en NBA qui peut planter sa quinzaine de points chaque soir, de là à le prendre très haut ? Pas sûr.

Parce que le réel problème de Josh Christopher il est défensif, et c’est un vrai problème. Avant tout de QI basket. Du peu que j’ai pu voir de lui il paraissait parfois perdu en défense : jamais bien placé en défense sur demi-terrain, jamais bien placé lors d’un repli défensif, incapable de lire un pick and roll adverse ou d’éviter les écrans qui arrivent vers lui, bref un gros problème qui peut, et on l’a vu lors de ces derniers playoffs, pénaliser grandement son équipe et le faire sortir du terrain s’il n’est pas capable de mettre des tirs de l’autre côté du terrain. A noter aussi, et ça c’est peut-être le plus inquiétant, un investissement en défense variable, digne d’un James Harden au final.

Autre défaut, plus mineur mais présent quand même : sa sélection de tirs. Pas de doutes sur le fait qu’il corrigera ça une fois arrivée dans la bonne franchise NBA mais il va devoir tout de même comprendre que certains de ses pull-up ne sont pas des bons choix et que certains de ses drives seraient mieux s’il privilégiait un kick-out plutôt que de s’empaler sur la défense adverse, ce qui demandera un peu plus de playmaking de sa part, chose peu vue cette année, sachant qu’il n’a joué que 15 matchs cette saison, contre 30 pour la plupart des one and-done.

Josh Christopher reste donc un joueur intéressant, une arme offensive avec un très gros talent, mais qui devra progresser dans la sélection de tir et la compréhension de la défense, sous peine de ne pas réaliser son plein potentiel.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et d’Harper ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)

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