Quels joueurs pour le Thunder au second tour ?

Les big men

  • Jeremiah Robinson-Earl (PF/C, 20 ans, 203cm, 93kg, 203cm d’envergure, Villanova Wildcats)

Jeremiah Robinson-Earl est un joueur de deuxième année, pur produit de Villanova, usine à joueurs NBA de talent comme ce fût le cas avec Saddiq Bey l’année dernière.

Le profil de JRE n’est probablement pas le plus excitant que vous avez pu lire dans cet article déjà 100 fois trop long, mais il est un joueur qui mérite qu’on s’attarde sur lui. JRE est un poste 4, qui peut (on y reviendra) jouer au poste 5. Contrairment à pas mal de 4 aujourd’hui, JRE aime être sous les raquettes. C’est un vrai col bleu, pas le joueur le plus flashy de l’équipe, mais toujours là pour montrer l’exemple, toujours là pour faire ce petit truc qui va aider ses coéquipiers et son équipe à gagner. Plus un joueur pour les hipsters du basket que pour les fans en manque de highlights, mais un profil qui peut intéresser le Thunder.

Première qualité chez JRE : son jeu en attaque. Très peu de choses à lui reprocher de ce côté du terrain tant le joueur a peu de points faibles pour un poste 4/5. Son jeu au poste bas est excellent, bien aidé par un excellent footwork qui lui permet de se créer cette réussite sous le panier. Et lorsqu’il s’écarte du cercle c’est pas tout mal non plus. Il ne faut pas se fier aux 28% derrière l’arc qui semblent attester de son côté non-shooter, parce que JRE est réellement capable de sanctionner de loin. Que ce soit avec des mid-range en tête de raquette ou surtout des 3 dans le corner, JRE est un intérieur qui s’écarte et peut devenir une vraie menace sur pick and pop, comme en atteste les 71% aux lancers, signe d’un joueur adroit de ses mains. Il shoote les pieds collés au parquet, comme un certain… Al Horford, auquel JRE se rapproche par moments. Et comme en plus de cela il est capable d’analyser le terrain et de distribuer très convenablement à ses coéquipiers (2,2 ast pour 1,6 to), on a un intérieur complet offensivement.

Autre point positif : rebond et intelligence de jeu. Avec plus de 9 prises par match sur sa carrière universitaire, JRE est un bon rebondeur. Plus sécurisateur du rebond défensif qu’arracheur de rebond offensif d’ailleurs. Cette qualité au rebond s’explique par son intelligence de jeu et sa capacité à bien savoir se placer. Cette intelligence se voit aussi défensivement : il compense un manque de physique et de vitesse par ce QI basket, et je ne serais pas étonné de le voir collectionner les charges tant il sait positionner son corps pour les forcer, même sur des extérieurs au large. 

En revanche, il n’est pas du tout un bon contreur, chose qui nous amène sur son plus défaut : quel poste en NBA ? JRE est prévu comme un poste 4, mais j’ai du mal à le voir tenir sur des swingman tant son manque de vitesse latérale et d’athlétisme lui fera défaut. Alors pourquoi pas en faire un poste 5 ? Mais là aussi, ça coince. Parce que JRE n’est pas un bon contreur comme je l’ai dit, mais en plus il n’est pas très grand (203 cm), pas très physique (93kg) et son envergure laisse à désirer (203cm). Difficile alors de le voir tenir face à des 5 plus mobiles, plus grands, plus gros et plus physiques.

On peut aussi se poser la question de son plafond : JRE est un joueur à haut plancher, c’est évident, mais dans quel domaine peut-il réellement progresser une fois arrivé en NBA ? Difficile à dire, ce qui fait que certains intérieurs, peut-être moins bons actuellement mais avec un potentiel plus haut, seront pris avant lui dans un top 20.

JRE est donc un intérieur capable de faire tout ce qu’on demande en attaque à un intérieur tout en bénéficiant d’un vrai sens du placement au rebond et d’un vrai QI basket qui vient compenser un déficit physique certain. Bref une version améliorée d’Alperen Sengun, le shoot extérieur et la défense en plus, la hype européenne en moins. Quand on sait que Presti aime à présent les joueurs intelligents, on se dit qu’il pourrait être intéressé par le profil, surtout au vu des manques au poste d’intérieur. Mais il peut aussi être rebuté par le côté bas de plafond du joueur.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et d’Harper ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • JT Thor (C/PF, 19 ans, 208cm, 92kg, 214cm d’envergure, Auburn Tigers)

S’il y en a un qui remonte à la vitesse de l’éclair dans les mocks en cette fin de saison, c’est bien JT Thor. Thor, c’est l’attraction du moment à quelques semaines de la draft. La faute à un combine très réussi qui vient confirmer des flashs assez fous vus lors de la dernière saison NCAA.

Au-delà d’avoir le nom le plus cool de la draft (surtout s’il atterrit au Thunder), Thor est un prospect très intéressant avec un plafond très haut. Le Soudanais d’origine avait déjà une certaine hype à son arrivée à Auburn en début d’année, mais elle a mis du temps à se confirmer, à temps de jeu total limité et à des blessures qui ont affaibli les Tigers, notamment celle de Sharife Cooper, le génial meneur dont vous pourrez lire le soutint bientôt.

Ce qu’il en est ressorti de Thor ? Déjà qu’il a des mensurations et des aptitudes physiques très intrigantes. JT a déjà une taille et une envergure (2m08 et 2m14) qui font de lui un potentiel poste 4 voir poste 5 dans le futur. Mais c’est surtout ses qualités de mobilité qui sont impressionnantes.

Défensivement d’abord, Thor a une palette assez complète. Il a beaucoup été utilisé au poste 5, notamment défensivement, et s’il a subi face aux pivots les plus lourds et plus grands, il a globalement bien tenu son rang. Mais il a aussi montré par séquence qu’il était capable de défendre efficacement des joueurs plus petits, des forwards voir des guards sur des switchs, grâce à une très bonne mobilité, une bonne position fléchie et une plutôt bonne utilisation de son corps. Que cela soit sur l’homme pour contenir les drives ou dans les aides, Thor sait se montrer décisif, comme le montre son timing et son agressivité aux contres. Thor pourrait être capable d’être le défenseur au poste 5 par séquence, surtout s’il prend un peu de poids, d’être satisfaisant en tant que protecteur de la raquette, mais aussi de jouer en switch et de défendre sur des petits. Sur le peu de certitudes qu’offre son profil, la défense est peut-être le point le plus stable, celui sur lequel se rattacher.

Offensivement, c’est un peu plus compliqué pour le dieu du tonnerre. Les scouts se basent surtout sur des flashs, flashs particulièrement attrayant. D’abord, Thor est capable de tirer. Gaucher, il a une gestuelle… de pur gaucher : son corps est tourné vers la droite, il finit assez haut même si la balle part de la hanche et cela reste fluide et efficace. S’il a parfois tendance à trop se tourner ce qui modifie clairement sa trajectoire, il semble capable de fixer rapidement son tir. On le sent déjà assez à l’aise de loin, comme il l’a montré au combine où il a rassuré beaucoup de monde, malgré une saison à moins de 30% de réussite. Ses 74% aux lancer-francs sont aussi encourageants pour de potentiels progrès dans les années à venir. De plus, si on se fie aux flashs du freshman, JT a été utilisé quelques fois dans des situations plus diverses que du simple spot-up. En effet, on l’a vu prendre de très bons tirs sur Pick&Pop, ce qui est une vraie arme pour lui, mais aussi quelques pull-up ou tirs après écran non porteur… Des points qui pourraient devenir déterminants dans le futur.

Si on enlève son tir, Thor est tout sauf un joueur fini. Très brut, il ne peut déjà qu’utiliser sa main gauche, sa droite semble quasi inexistante. Son handle reste douteux pour l’instant, tout juste fonctionnel pour finir quelques drives faciles ou sanctionner les mauvaises rotations défensives. Sur jeu placé, Thor n’est pas vraiment capable de se créer son propre tir, et encore moins capable de créer pour les autres.  On l’a vu plusieurs fois tenter de très mauvaises passes, pertes des ballons assez bêtement sur dribble, ce qui explique les 15% de turnover rate. Il fait aussi bien trop souvent preuve de naïveté, comme le montre certaines remises en jeu catastrophiques.

Enfin, Thor va très vite en transition, et sera une vraie menace sur open-court, avec sa vitesse et ses qualités athlétiques. Une fois qu’il est lancé, il est très difficile de l’arrêter, et il dégage une belle impression de puissance pour aller mettre des gros marteaux sur le cercle adverse. En conclusion, il faudra être patient avec JT Thor, tant il est encore brut. Mais certaines séquences, ses qualités défensives et son potentiel de stretch 5 font de lui un pari à tenter. Un pari qui pourrait définitivement intéresser OKC, Thor étant en plus l’un des joueurs les plus jeunes de cette draft.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et d’Harper ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)

Voilà tout ce que vous deviez savoir sur les potentielles cibles pour le Thunder en fin de premier/début de second tour pour cette Draft. En espérant que Sam Presti choisira un de ces joueurs et pas une surprise qui sort de nulle part. En attendant de voir ça le 29 juillet, on vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour les cibles au pick 16 et 18, et attention, il va y avoir du très très gros coup de cœur et des prospects qu’on apprécie pas du tout. A la semaine prochaine !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s