Quels joueurs pour le Thunder au second tour ?

Les forwards

  • B.J. Boston (SG/SF, 19 ans, 201cm, 83kg, 208cm d’envergure, Kentucky Wildcats)

Que la saison de Brandon Boston Jr., surnommé B.J. aura été irrégulière et particulièrement décevante. Prévu il y a un an par la plupart des experts Draft dans le top 10 voire le top 5, classé 4ème plus gros prospect en sortie de high-school, il n’aura fait que de descendre au fur et à mesure de la saison tant ce qu’on attendait de lui était à des années-lumières de ce qu’il a réellement montré sur le parquet. Et comme si cela ne suffisait pas, B.J. a en plus de cela dû gérer la mort tragique de son pote Terrence Clark, coéquipier à Kentucky, dans un accident de voiture. Si on ajoute à cette saison décevante un combine qui visiblement ne s’est pas super bien passé, on arrive à une situation où Boston est projeté quasi en dehors du top 40 dans les mocks, impossible à imaginer il y a un an.

Pourquoi une telle chute me direz-vous ? Et bien pour plusieurs raisons. La première, c’est son horrible saison au tir : 35,5 % au tir, 30% à 3pts et un vilain 44.7 de True Shooting. On attendait un B.J. Boston scoreur, capable d’être cet ailier longiligne qui peut marquer d’à peu près n’importe où sur le parquet, à la manière d’un certain Kevin Durant Brandon Ingram. Or on a pas vu ça chez Boston à Kentucky cette saison. La sélection est affreuse, beaucoup de deux longs, les pires tirs en NBA, pour une réussite famélique (29%). Sa capacité à aller au cercle aussi n’a pas séduit : seulement 40% de réussite près du cercle pour un joueur aussi grand et aussi long, ce n’est pas acceptable. La faute à un manque de physique, que ce soit dans le manque d’explosivité ou dans le manque de résistance au contact, deux points sur lesquels il devra impérativement progresser, car on l’a vu trop souvent se faire renvoyer aussi sec par des joueurs intérieurs alors qu’il essayait de pénétrer. La NCAA contient son lot de bons athlètes, mais ce n’est pas la NBA, et pourtant il semblait être en difficulté physiquement. Beaucoup de muscu en prévision pour lui (il pourra se faire des sessions avec Poku s’il est drafté chez nous). Et comme en plus il ne parvenait pas à sanctionner derrière l’arc ou à mi-distance, on a finalement peu vu son côté ailier scoreur cette année.

Autre point négatif chez lui : son playmaking. Si on le compare à un Brandon Ingram, on voit que BI est non seulement un très bon scoreur, qui sait utiliser sa taille et son handle pour marquer et se créer des tirs faciles. Et c’était théoriquement ce qu’on devait voir chez Boston, or ça aussi… on l’a pas vu. Seulement 1,6 ast par match, moins de 12% d’AST%, c’est pas assez pour un joueur attendu si haut il y an, même si au final son ration AST/TO est positif. En créant pour les autres, Boston aurait alors pu compenser son manque de réussite mais ce n’a pas été le cas, difficile donc de le projeter pour l’instant comme un joueur capable de créer avec régularité pour les autres en NBA dans un futur relativement proche.

Malgré tout ce que je viens de dire de négatif sur Boston, il y a deux (bon trois en fait) points qui viennent pondérer mes propos et nous faire garder espoir. Déjà, l’élément qui le déculpabilise : John Calipari, le coach de Kentucky et son fameux spacing, digne d’une ligne de métro parisien un Lundi à 8h. Difficile alors pour Boston de pouvoir pleinement exprimer son jeu quand le meneur de Kentucky est aussi bon meneur que moi dresseur de chiens et avec aucun coéquipier capable de sanctionner derrière l’arc. Voir un guard moyen à Kentucky ensuite exploser en NBA, ça ne serait pas la première fois et ça s’explique peut-être par le coach, il n’est donc pas improbable de voir Boston devenir bien meilleur offensivement avec un vrai spacing et un vrai meneur à ses côtés.

Ensuite j’ai parlé de son 30% derrière l’arc. Oui ce n’est pas beaucoup mais là aussi ça peut se pondérer : de Novembre à Janvier, Boston c’est 9/50 derrière l’arc, soit un infect 18% ! En revanche, sur les 10 derniers matchs de la saison, Boston c’est 21/50 derrière l’arc, soit un très joli 42%. Il semble avoir trouvé la mire en fin de saison et les 79% de réussite aux lancers font qu’il n’est pas déraisonnable de dire que Boston sera un bon shooter en NBA.

Dernier point : son handle. Même s’il n’est pas élite, qu’il ne lui permet pas encore de créer la séparation nécessaire avec le joueur adverse pour s’offrir un drive ou un tir plus facile, Boston a quand même un handle plutôt impressionnant pour un joueur de son âge, domaine qui pourrait l’aider à combler son manque de physique et ses 83 kilos tout mouillés. A cause de ce défaut physique, son présent s’inscrit pour l’instant au poste 2 alors que son futur sera probablement au poste 3.

B.J. Boston est donc un joueur sur lequel plane de nombreuses incertitudes : pour certains c’est un top 20 Draft, pour d’autres un milieu de second tour. Une chose est sûre : si le Thunder drafte au talent et au plafond, peu de joueurs dans le même range disposeront d’un plafond théorique plus élevé que B.J. Boston, mais il faudra être particulièrement patient et gentil avec lui.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et d’Harper ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Trey Murphy III (SF/PF, 21 ans, 206cm, 93kg, 213cm d’envergure, Virginia Cavaliers)

Trey Murphy III, c’est peut-être le joueur le plus haut que l’on scoute dans cet article, et autant le dire tout de suite, c’est aussi l’un de ceux qui me fait le plus envie ! Et je suis pas le seul puisque sa côte est gentiment en train d’exploser depuis 2 semaines. Quasiment pas surpris si au final il se trouve prévu dans notre range… en 16 et 18.

La raison de cette montée en flèche dans les mocks pour le joueur de Virginia ? Son profil de 3&D, de plus en plus recherché et précieux en NBA.

Il est assez simple d’analyser le jeu de Murphy, tant il est propre… et restreint. Il est d’abord précieux défensivement, puisqu’il est capable de défendre plusieurs postes et notamment les ailiers. Murphy est assez grand et long pour résister aux forwards, et assez rapide pour défendre les guards. A l’instar de Dosunmu, j’ai apprécié son attitude et ses positions en défense, puisqu’il est bas sur ses appuis et se sert bien de ses bras. Résultat : il est très rarement passé par son joueur ou en grande difficulté. Trey est aussi très intelligent dans le placement collectif et les aides, ce qui lui permet de gagner facilement des ballons et d’être décisif très fréquemment. S’il n’est pas élite, les compétences défensives de Murphy seront un atout pour lui afin de gagner des minutes et d’être tout de suite précieux.

Mais son gros point fort reste selon moi son tir. Dans une draft où il y a beaucoup de prospects à haut plafond, Murphy apporte lui de nombreuses certitudes. Si ce n’est pas le plus gros shooteur ou le plus incandescent, c’est l’un des plus réguliers à n’en pas douter. Murphy a shooté à plus de 40% à 3pts lors de son passage à en NCAA, avec les corners pour jardin. Il n’y a pas de doute quant au fait qu’il saura retrouver son spot favori en NBA. D’ailleurs, il a presque été exclusivement utilisé en catch and shoot à la fac, ce qui sera son point fort et sûrement son futur rôle.

Au-delà des pourcentages, son tir est surtout marqué par une superbe gestuelle : la prise d’appui est rapide, les bras enchaînent bien, et malgré un petit passage par l’épaule c’est particulièrement fluide. Sa régularité est impressionnante, et il ne fait quasiment aucun gros écart grâce à une bonne trajectoire.

Le scouting pourrait presque s’arrêter là, puisque Murphy ne sort presque pas de son rôle, qu’il connaît parfaitement et accepte avec joie. Mais il y a quelques bonus et flashs à ajouter. Si on reste sur son tir, il a montré parfois un peu de variété : des situations de Pick&Pop sur des écrans non-porteurs, mais pas encore de situations de course pour enchaîner avec un tir. Par contre, Trey est particulièrement intéressant sur les coupes, où il lit très bien la défense et a un très bon timing. Il peut changer de vitesse et finir en dunk facilement si son défenseur le lâche du regard. Il ne faut d’ailleurs pas sous-estimer ces qualités athlétiques : il va vite et monte haut, même s’il le fait rarement.

Vous l’aurez compris, il ne faut pas s’attendre à voir Murphy créer pour lui-même ou pour les autres, jouer des Pick&Roll, prendre des pull-ups… Murphy est un pur 3&D, comme toutes les équipes recherchent.

Il pourrait être très intéressant pour OKC de le drafter, mais la franchise est confrontée à deux problématiques : d’abord le Thunder devra monter et choisir autour du pick 25, voire plus haut, pour l’obtenir. Ensuite, est-il utile de prendre un joueur destiné uniquement à être un role player, plus vieux, dans une draft comme celle-ci et à ce moment de la reconstruction ? Si le profil est très attrayant, la question se pose. En tout cas, il a aussi eu le droit à son workout avec la franchise.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et d’Harper ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Greg Brown (SF/PF, 19 ans, 206cm, 95kg, 208cm d’envergure, Texas Longhorns)

Qui veut d’un athlète qui sait correctement tirer ? A peu près tout le monde en NBA, et en soit Greg Brown pourrait correspondre à ce profil. Le joueur de Texas a fait une saison que l’on peut qualifier d’inégale, entre ceux qui sont conquis par son potentiel, et ceux qui doute de son réel avenir en NBA et lui prévoit un avenir plutôt du côté de l’Asie, si vous voyez ce que je veux dire. Prévu pour être une fin de premier tour, le cas de Brown est somme toute assez facile à résumer mais représentera un joli casse-tête pour les GM pour savoir s’ils doivent le drafter ou pas.

Point positif de Greg Brown : bonjour, je suis athlétique, je saute haut et je suis capable de tout écraser sur mon passage. Pas besoin d’entrer dans le détail de chacun de ses matchs pour s’en rendre compte, suffit de regarder 30 secondes de ses highlights pour se rendre compte que le gamin est capable de tout écraser, et qu’il n’a globalement pas peur de grand-chose qui se présente entre lui et le panier. Probablement un joueur qui fera le Slam Dunk Contest, seul évènement qui mérite de rester éveillé lors du All-Star Weekend.

Vous allez me dire que Greg Brown n’est pas un profil intéressant pour le Thunder. En effet, un énième swingman qui écrase tout n’est plus vraiment le profil voulu ou recherché dans cette franchise, mais ce serait avoir une vision réductrice de ce qu’est vraiment le joueur. En effet, son aspect dunkeur mis de côté, on se rend compte que Greg Brown tourne… à 33% à 3pts durant sa saison universitaire. Mieux, sur un stretch de 18 matchs (il en a joué 26), Brown tourne à 28/74, soit 37,8%, ça commence à devenir intéressant. Pas la plus belle mécanique, surtout au niveau des bras, principalement du catch and shoot, mais c’est un domaine dans lequel il semble être capable de réussir en NBA. Difficile de réellement lui prédire une carrière de sniper, mais probablement un joueur capable de tourner à 33 ou 34% derrière l’arc, ce qui n’est pas négatif dans une attaque NBA, surtout si l’on prend en compte sa qualité de drive, principalement dû à son physique mais aussi à quelques reverses biens sentis.

Mais les problèmes de Greg Brown se listent en deux points : défense et vision du jeu. Si on peut aussi s’inquiéter d’une petite envergure (208 centimètres pour un joueur de 2,06 c’est moyen et peut poser des questions sur une potentielle utilisation au poste 4), c’est bien défensivement que les problèmes se trouvent. Brown devrait être, vu son profil et son physique, un pur 3&D en NBA, à la manière d’un Trey Murphy dont on vient de parler. Or la défense… elle n’est pas encore là. Son physique devrait en faire un protecteur de cercle aux côtés d’un pivot plus petit par exemple, ce qu’il n’est pas encore. Il en va de même pour la défense extérieure : il possède le physique pour tenir du poste 3 à des petits 5 mais c’est encore extrêmement brut et va demander du travail dans l’investissement et dans la compréhension du jeu. Grosse qualité au rebond cependant, à noter.

Dernier point : une fois qu’il a la balle en attaque, il ne vous la donne plus. Brown a perdu cette année 60 ballons pour seulement… 10 assists. Créer pour les autres ne sera pas ce qu’on lui demandera en NBA certes mais perdre autant de ballons (2,3 par match) en un si petit temps de jeu (à peine 20 min), c’est fâcheux.

Greg Brown est donc une énigme dans cette Draft : joueur surathéltique avec une base au shoot mais qui ne défend pas (encore ?) et qui possède une vision tunnel en attaque. Est-ce qu’il sera un profil privilégié par la franchise ? Par le Presti de 2016 clairement, mais probablement pas par le Presti de 2021.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et d’Harper ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)

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