Draft 2022 : quels joueurs pour le Thunder avec les picks 30 et 34 ?

Les forwards

  • Bryce McGowens (SG, 19 ans, 200cm, 82kg, 205cm d’envergure, Nebraska Comhuskers)

Stats 2021-22 : 31 matchs, 33.3 minutes de moyenne
16.8 points, 5.2 rebonds, 1.4 passes, 0.7 interceptions, 0.3 contres, 2.1 turnovers
40.3% au tir (5.2 FG/ 12.8 FGA), 27.4% à 3pts (1.3 3P / 4.7 3PA), 83% aux lancers (5.2 FT / 6.3 FTA)

Passons maintenant à Bryce McGowens, l’ailier scoreur des Nebraska Comhuskers qui doit poser beaucoup de problèmes aux scouts pour savoir si oui ou non il est un joueur sur lequel il faut miser. Car oui, l’un des joueurs les plus bruts de cette liste arrive avec beaucoup d’outils offensifs, mais aussi beaucoup de questionnements et d’incertitudes qui font qu’il pourrait tomber en fin de premier tour voire même début de second tour.

Mais quelles sont ses plus grandes qualités me direz-vous ? Eh bien c’est très simple : c’est un des joueurs avec le plus gros potentiel offensif de la cuvée, il fait partie des meilleurs finisseurs de cette draft à son poste tout en ayant un potentiel défensif très intéressant. Rien que ça.

C’est un excellent finisseur qui a un vrai toucher près du cercle et qui a un contrôle de son corps assez impressionnant, il est excellent dans un rôle de slasher, sûrement le meilleur de la cuvée pour provoquer des fautes – sachant qu’il shoot à 83% aux FT – le tout malgré un manque de puissance dû à ses 82kg. Il est capable de finir avec un tir acrobatique après être allé chercher la faute ou de finir sur un dunk grâce à ses capacités athlétiques (qu’il doit d’ailleurs plus exploiter). Ça vous donne une idée du bonhomme.

Il a aussi montré de nombreuses fois qu’il était capable de créer son propre tir, avec une création de tir très impressionnante et une capacité à rentrer des tirs très compliqués en sortie de dribble qui attisent forcément la curiosité. 

Bref, il a un instinct de scoreur.

Alors bien sûr il y a des nuances car on parle bien d’un joueur de fin de 1er tour et pas d’un joueur top 5. On peut par exemple parler de sa sélection de tir qui est CA-TA-STRO-PHIQUE, et je pèse mes mots. Il est parfaitement capable de prendre un tir du logo sur un coup de tête, tenter un 3pts en début de possession ou tout autre genre de choix douteux. Vous l’aurez compris, la sélection de tir c’est vraiment pas son fort et c’est l’un des aspects qu’il devra le plus travailler. Cette faiblesse reflète d’ailleurs un problème plus global qu’il a : la prise de décision en attaque : il est vraiment très mauvais dans ce secteur et se retrouve souvent à faire le mauvais choix.

Lié à ce principal défaut, son manque cruel de régularité au tir est un autre problème. À cause de sa sélection de tir très mauvaise et d’un shoot qui part de très bas malgré une bonne mécanique, il peine à rentrer ses tirs extérieurs avec constance (27,4% de loin sur la saison). Cependant on peut tout de même croire en son shoot (en tout cas moi j’y crois) et il peut être un meilleur shooteur que ce que ses % font croire.

Pour continuer sur les aspects de son jeu qu’il doit absolument travailler, parlons maintenant de sa défense. Alors c’est assez simple, malgré un potentiel physique (joueur long et rapide latéralement), il montre beaucoup de faiblesses de ce côté du terrain : que ce soit au niveau de la concentration et de l’implication mais aussi de sa capacité à défendre en 1v1 sur un joueur qui sait un minimum dribbler, il est vite dépassé et battu. Pire, sur de nombreuses séquences il ne semble pas concerné et fait peu d’efforts en défense, il ne tente même pas de contester le tir ou de s’imposer physiquement pour déstabiliser son vis-à-vis. Et ce manque d’envie sur le terrain se voit aussi au rebond, où il est capable du meilleur en luttant pour un rebond comme du pire en se faisant battre sans même lutter. Son envie sur le terrain sera un énorme facteur de sa réussite ou non en NBA.

Pour faire court, c’est typiquement le genre de joueur que l’on peut appeler “high risk/high reward”. Son potentiel offensif est vraiment énorme, avec une capacité (toujours potentielle) à scorer à tous les niveaux et il a même montré de bonnes choses off-ball notamment avec des cuts intéressants. Mais il y a aussi un énorme point d’interrogation sur sa défense malgré son potentiel physique car il n’a rien prouvé sur sa dernière saison. Il en va de même pour son tir qui pourrait être meilleur que ce que l’on peut penser en voyant ses pourcentages mais, une nouvelle fois, rien n’est certain. On peut aussi parler de son manque de création pour les autres mais ce n’était pas du tout son rôle cette saison et il est donc difficile de le juger là dessus.

Pour conclure, il y a aussi des interrogations concernant son intégration en NBA sur le plan physique, le joueur est assez léger physiquement et peut avoir du mal à son arrivée en NBA, il va devoir s’étoffer pour espérer se faire sa place et risque d’avoir besoin de plusieurs saisons pour s’affirmer.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Caleb Houstan (SF, 19 ans, 203cm, 93kg, Michigan Wolverines)

Stats 2021-22 : 34 matchs, 32 minutes de moyenne
10.1 points, 4.0 rebonds, 1.4 passes, 0.7 interceptions, 0.2 contres, 1.5 turnovers
38.4% au tir (3.2 FG / 8.4 FGA), 35.5% à 3pts (1.8 3P / 5.0 3PA), 78.3% aux lancers (1.9 FT / 2.4 FTA)

Place à présent à Caleb Houstan, le jeune canadien en provenance de l’université de Michigan. Un prospect que l’on se doit de surveiller de très prêt. En effet, ce dernier a refusé de participer au fameux combine, tout en refusant aussi de participer à certains workouts. Pour la plupart cela signifie une chose : le joueur a reçu une promesse de Draft à un niveau assez élevé, donc une fin de premier tour ou second mais avec un salaire à la hauteur d’un first round. Les équipes qui peuvent se permettre de faire des promesses de Draft sont généralement celles qui possèdent un nombre assez conséquent de picks. Autant d’indices qui laissent à penser que cette fameuse équipe pourrait bien être le Thunder, avec notamment son pick 30. Et pour être honnête, le profil pourrait apporter de belles choses dans cette franchise.

Le profil de Caleb Houstan ? Peut-être le plus évident à décrire de tout l’article : un pur 3&D. Dans un contexte pas forcément évident (on y reviendra) à Michigan, le canadien a tout de même su montrer une grande partie de son talent.

D’abord le tir. Contrairement à beaucoup de ses camarades, il est assez satisfaisant et plutôt facile à projeter à un niveau NBA. Avec 35,5% de réussite pour 168 tentatives sur la saison, il a su démontrer toutes ses capacités dans ce range tout au long de l’année. Les splits, que j’aime toujours bien analyser lorsqu’il s’agit du shoot, sont assez réguliers : hormis un mauvais début (25.8 en Novembre) et une mauvaise fin (31.4 en Mars), le joueur tourne entre 36 et 44% de loin. Dans les corners il ne doit pas être laissé ouvert tant il est létal dans ces fameux coins, et en catch and shoot il s’est déjà montré comme étant efficace (40% de réussite sur l’année). La mécanique n’est pas la plus rapide mais il est capable de l’abréger sans pour autant perdre en qualité. Il a même, à l’occasion, rentré des paniers très loin de la ligne NCAA, quasiment au niveau de la ligne à 3pts NBA. J’ai encore quelques doutes concernant sa capacité à rentrer les tirs lorsqu’ils sont contestés, mais il en a été capable et l’a démontré à plusieurs reprises au cours de la saison. Et pour ce qui est du mouvement off-ball, le système de Michigan pour démarquer ses joueurs est assez différent de sa future utilisation en NBA, ce qui me fait penser qu’il sera un bien meilleur joueur off-ball que ce qu’il n’a été sur Juwan Howard.

Un pur shooter en C&S donc, qui ferait énormément de bien dans les ailes d’OKC, et ça tombe bien parce qu’offensivement… c’est à peu près la seule qualité de Caleb Houstan. Très peu de création (plus de balles perdues que d’assists), et un jeu près du cercle absolument cataclysmique. Pourtant les 55.1 % de réussite près du cercle ne sont pas plus honteux que certains présents dans cet article, mais l’impression visuelle est terrible. Il n’a pas le handle pour se créer un lay-up facile et il manque cruellement d’explosivité, si bel et si bien qu’il se fait contrer sur la plupart de ses drives. Pas assez de hang-time pour tenter des lay-ups renversés, trop lent pour les eurostep. En plus de cela, le joueur possède un footwork très moyen, et ne sait pas gérer les effets avec la planche. Cela fait beaucoup de défauts, qui seront pour moi assez difficilement perfectible, même si ce n’est pas ce qu’on lui demandera de faire en attaque.

Et que dire défensivement ? Et ben encore et toujours, y’a de l’excellent… et de l’inquiétant. Comme il n’a pas voulu faire le Combine, on ne sait pas exactement son envergure, mais ce qu’on sait, c’est qu’il a les bras très longs. C’est peut-être là que réside sa principale qualité : il est long, et capable d’être véritablement dissuasif pour pas mal de guards. Ces longs bras lui permettent notamment de rester devant son vis-à-vis et de forcer des pull-up à mi-distance pour l’attaquant adverse… pull-up qu’il conteste très bien grâce, une nouvelle fois, à sa longueur de bras. Pour finir sur le côté long du bonhomme, il est plutôt bon dans tout ce qui est couper les lignes de passe, notamment pour refuser les entry pass, qui sont des passes faites depuis la ligne à 3pts, en direction de la raquette. Cela ne se ressent pas forcément sur les stats (moins d’1 steal par match), mais cela m’a sauté aux yeux en le voyant évoluer défensivement. 

Les flashs sur de la défense on-ball sont donc bel et bien présents, et c’est grâce à ces derniers que je suis prêt à déjà lui donner l’étiquette de 3&D. Mais finalement, si Caleb Houstan est long, il n’est pas un si bon athlète que cela. Déjà, il n’a pas le meilleur centre de gravité, il est un peu trop haut en position défensive et se retrouve souvent pas positionné lorsqu’il essaie de suivre l’attaquant adverse. De plus, il se fait trop souvent battre en 1 contre 1, parce qu’il n’a pas le premier pas qui lui permet de suivre son vis-à-vis. Défensivement, Caleb Houstan s’en remet finalement à sa longueur, qui est la seule qualité physique où il n’est pas average, voire above-average. Difficile de voir comment il peut progresser dans ce domaine, il devra plutôt évoluer comme un joueur intelligent, conscient de ses défauts et essayer de les cacher au maximum pour mettre à profit sa longueur.

Voir Caleb Houstan être drafté par le Thunder en 30 serait un scénario totalement plausible, et que j’apprécierais. Certes le joueur est un cran en-dessous de certains 3&D type Agbaji ou Williams, prévus eux pour partir une dizaine de picks plus haut, mais personnellement j’achète le tir. Ce n’est pas le 3&D le plus NBA ready, il comporte son lot d’incertitudes défensivement et son manque de toucher près du cercle est un vrai gros défaut, mais je le vois bien s’épanouir comme un tir en bout de chaîne, capable de sanctionner sur des kick-out en catch and shoot de façon assez régulière.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Kendall Brown (SF/PF, 19 ans, 205cm, 91kg, 213cm d’envergure, Baylor Bears)

Stats 2021-22 : 34 matchs, 27 minutes de moyenne
9.7 points, 4.9 rebonds, 1.9 passes, 1.0 interceptions, 0.4 contres, 1.7 turnovers
58,4% au tir (3.9 FG/ 6.6 FGA), 34.1% à 3pts (0.4 3P / 1.2 3PA), 68.9% aux lancers (1.5 FT / 2.2 FTA)

Après un titre NCAA acquis l’année et la perte de Davion Mitchell, les Bears de Baylor ont bien été obligés de se réinventer, malgré le retour des quelques vétérans expérimentés et l’arrivée d’autres, tout aussi expérimentés, à l’image de James Akino, transfuge d’Arizona, probablement drafté cette année. Et si le succès cette saison a été bien moindre que l’année dernière pour l’équipe de Scott Drew, ils pourront néanmoins se consoler puisque deux de leurs joueurs sont projetés pour partir au premier tour : un en loterie (Jeremy Sochan, dont on vous parlera d’ici quelques jours), et Kendall Brown, ailier longiligne sur-athlétique.

Si j’évoque le contexte de Baylor, ce n’est pas pour rien. Pour un joueur comme Brown, débarquer dans une franchise championne NCAA peut s’avérer à double tranchant : il a pu bénéficier du collectif huilé, mais aussi moins se mettre en valeur, plus au service du collectif, comme ce fût aussi le cas pour Sochan. Dans un certain temps ça peut gommer certains de ses défauts, beaucoup plus visibles avec un usage rate plus important, mais de l’autre ça peut montrer qu’un échantillon réduit des capacités du joueur.

Offensivement, le profil est celui d’un joueur qui écrase absolument tout près du panier. En effet, avec 76.4% de réussite dans ce secteur du jeu, il fait partie du très haut du panier de la cuvée. Là où il est peut-être le plus impressionnant, c’est en transition où il quasiment instoppable. Avec son bon sens du jeu, il est souvent le premier en transition, et une fois lancé, bonne chance pour essayer de stopper les 205cm de Brown sans prendre un poster ou faire faute. En plus de cela, il n’est pas qu’un simple dunker en transition, il peut aussi terminer avec un euro-step ou bien avec un peu de toucher. Petit bémol cependant : il est sujet à prendre pas mal de charge, souvent assez bêtes, au lieu d’éviter le contact et d’utiliser son euro.

Autre compartiment du jeu dans lequel il excelle, le jeu off-ball et le démarquage vers le panier, notamment via les cuts. Son action favorite ? Prendre un écran face au panier pour recevoir un lob, qu’il termine bien évidemment en dunk. Pour ce qui est des cuts, ils viennent souvent des corners et il déclenche la plupart du temps quand le défenseur ne prête pas attention à lui. Quand on connaît la qualité du Thunder à bien servir sur des lobs, notamment Josh Giddey, on se dit qu’un Kendall Brown pourrait s’épanouir dans ce sytème.

Pour ce qui est du tir… autant dire que je suis dubitatif. Le pourcentage est correct (34.1%) mais l’échantillon est tellement faible (seulement 41 tirs primés tentés en 34 matchs), que je ne peux pas croire en son tir, loin de là.  La mécanique est vraiment pas belle, il est lent à déclencher, et quand il essaye de l’accélèrer, il est capable de faire de sévères écarts. Cette saison, Kendall Brown n’a rentré aucun tir de loin contesté (0/8), et même si le pourcentage aux lancers est là aussi honorable sans être exceptionnel (68.9), l’échantillon est une nouvelle fois trop faible pour rassurer.

Cette maladresse de Brown au tir, les adversaires l’ont bien compris, le laissant très souvent ouvert dès qu’il se retrouvait avec la balle à plus de 7 mètres du cercle. Si en début de saison il refusait ces tirs ouverts, il a eu tendance sur la fin à avoir un peu plus confiance en son tir, même s’il n’a pas été non plus des plus efficace et prolifique. Je n’évoquerai que très brièvement son jumper mid-range, encore plus forcé que celui à 3pts et assez inefficace (34.5). Très honnêtement, je ne suis pas convaincu que Kendall Brown puisse shooter dans la NBA actuelle, trop d’imperfections dans la mécanique, pas assez de tentatives pour me prouver qu’il peut être efficace à un volume qui dépasse la simple tentative de loin par match.

Néanmoins, un point qui m’intrigue chez lui, c’est son potentiel en tant que second playmaker. Second playmaker, parce qu’en tant que premier, les stats ne sont vraiment pas élogieuses : 42.9% de TO sur PnR en tant que porteur de balle, quasi 34 sur les isolations. Malgré tout, il y a quelque chose à développer chez lui. J’évoquais le rôle limité à Baylor, je pense que cela lui a permis de développer ce côté playmaker : un poste 3/4 qui tourne à quasi 2 passes par match, ce n’est pas si courant que l’on pourrait le croire. On est ici en face d’un joueur assez intelligent, qui s’applique pour servir ses coéquipiers en transition, qui est toujours prêt à faire l’extra-passe dans le bon timing et qui est très bon pour servir un copain après un rebond offensif : souvent à prendre la bonne décision, rapidement. Les flashs sur pick and roll sont là mais ne restent que des flashs.

Défensivement, il a tout pour plaire aux scouts NBA tant il coche toutes les cases demandées à un SF/PF défensivement. Capable de défendre du 1 au 4 en switch, c’est surtout par sa capacité à tenir face à des guards en 1v1 qui mérite le coup d’oeil. Avec ses 213 centimètres d’envergure, il est finalement assez difficile de le passer en drive, et le joueur sait se servir de ces bras pour couper les lignes de passe, mais aussi pour contester la plupart des tirs. Même quand il se retrouve à devoir défendre au poste, il prouve qu’il en est totalement capable. Mais, comme tout bon prospect, il reste encore un défenseur assez brut. J’ai parlé de ses qualités naturelles, mais il est aussi trop haut sur ses appuis lorsqu’il défend, ce qui lui joue des tours, notamment face à des plus petits qui vont au drive. Attention aussi à la défense sur le jeu off-ball, où il se fait trop prendre à revers. Un défenseur qui de part ses qualités naturelles ne sera jamais négatif, mais le résultat actuel est encore très perfectible.

Kendall Brown est donc un joueur très Thunder ancienne époque : énorme athlète, gros défenseur en venir, peut tout détruire sur son passage en drive, mais avec une interrogation majeure sur le tir. Comme j’ai pu le lire, il n’est qu’à un jumper de devenir une superstar, mais je doute très fortement que ce jumper apparaisse un jour.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Patrick Baldwin Jr. (SF/PF, 19 ans, 209cm, 104kg, 218cm d’envergure, Milwaukee Panthers)

Stats 2021-22 : 11 matchs, 28.5 minutes de moyenne
12.1 points, 5.8 rebonds, 1.5 passes, 0.8 interceptions, 0.8 contres, 2.1 turnovers
34.4% au tir (4.1 FG / 11.9 FGA), 26.6% à 3pts (1.5 3P / 5.8 3PA), 74.3% aux lancers (2.4 FT / 3.2 FTA)

Traitons du cas épineux de Patrick Baldwin Jr. Ultra-côté en sortie de High School (attendu top 10 par la plupart des observateurs), le joueur de 19 ans était très attendu cette saison, surtout au vu du contexte particulier dans lequel il allait devoir s’exprimer. Lui qui était courtisé par bon nombre de gros programmes (Duke & Georgetown notamment), il a choisi de rester dans le Wisconsin et de rejoindre les Milwaukee Panthers, équipe de mid-major (en gros, pas une grosse conférence) pour être coaché par son père. Étant donné le niveau assez limité de l’équipe dans laquelle il allait jouer (Milwaukee n’a jamais envoyé un joueur en NBA dans son histoire), mais aussi des concurrents, Baldwin devait dominer.

Pour ce faire, il lui fallait capitaliser sur son gros point fort : le tir. En effet, avec sa taille et sa longueur, Baldwin peut shooter au-dessus de quasiment tout de monde, ce qui représente une arme redoutable peu importe le contexte. Il a beaucoup de qualités lui permettant d’être un excellent floor spacer, en sanctionnant en spot-up peu importe l’endroit sur le terrain (corners, 45°, axe du panier), maîtrise le pick & pop et se met en rythme facilement en dégainant en transition. Il est même capable de punir les défenses en zone via sa qualité de tir à mi-distance (notamment un bon turnaround jumper au niveau de la ligne des lancers).

Cependant, vous me direz que les pourcentages de Baldwin sont affreux pour un shooteur et vous aurez raison. Une partie de la réponse à cette interrogation tient en 3 mots : supporting cast catastrophique. Ses coéquipiers ne l’aidaient clairement pas (en ratant notamment de manière aberrante des paniers faciles) et les équipes adverses ont vite compris qu’il fallait se concentrer sur Baldwin, qui s’est donc souvent retrouvé à prendre des tirs casse-croûtes en fin de possession.

Mais ce n’est pas la seule explication à ce manque de réussite. On ne peut effectivement pas affirmer que Baldwin est un excellent joueur de catch & shoot à cause d’un problème important : il n’est pas efficace sur du tir en mouvement. Plus précisément, il n’arrive pas à se rééquilibrer pour tirer sur de la sortie d’écran, une qualité pourtant nécessaire pour un spécialiste du tir en NBA comme peuvent l’être Bertans ou Bjelica à son poste. C’est un vrai manque qui limitera son impact de shooteur en fin de chaîne dans la grande ligue et Baldwin devra bosser dessus.

Avant de continuer à expliquer pourquoi la saison de Baldwin dans le Wisconsin ressemblait à un cauchemar, il faut tout de même parler d’une autre qualité importante du joueur : son QI basket. Il comprend très bien le jeu et cela se ressent sur certains choix, notamment lorsqu’il casse une défense en zone, replace son équipe en défense ou trouve un coéquipier ouvert. Baldwin a d’ailleurs une vraie qualité de passe, pas celle d’un initiateur d’attaque mais celle d’un joueur qui fluidifie la circulation de balle. Sa vision de jeu est bonne, son instinct aussi, et cela aurait eu un véritable impact (notamment statistique) si ses coéquipiers savaient mettre le ballon dans le panier (je vous jure que les air-ball ouvert à 3pts et les briques en lay-up rendent fou). Via son placement, Baldwin sait aussi contribuer défensivement en 2nd rideau, en se servant bien de sa longueur de bras pour apporter des aides et contester les tirs adverses.

Passons à ce qui fait tâche dans le profil de Patrick Baldwin, avec un élément fondamental qui entraîne d’autres lacunes : son déficit athlétique. J’en veux pour preuve les résultats catastrophiques lors du Combine, où il était dernier dans quasiement toutes les catégories physiques, sa vitesse latérale étant plus proche de Vucevic que de P.J Tucker. Baldwin manque d’explosivité pour faire des différences, ce qui restreint nettement sa palette de scoreur. Il n’est pas efficace près du cercle à cause de ce défaut de verticalité qui l’empêche de monter haut malgré un toucher très correct, mais aussi car il subit le contact de par son manque de puissance. Plutôt que d’agresser le cercle jusqu’au bout, il se rabat souvent sur un floater qui ne rentre pas vraiment. Ces limites athlétiques le pénalisent aussi défensivement. Si on parlait d’un défenseur off-ball correct, il subit en défense sur l’homme en n’étant pas assez costaud pour contenir des intérieurs et en étant beaucoup trop lent pour suivre les extérieurs. Il a enfin du mal à enchaîner les minutes sur le parquet, ce qui est particulièrement inquiétant pour un prospect NBA censé jouer de manière intense 82 matchs en 6 mois.

En lien avec les lacunes athlétiques, mais pas que, Baldwin n’est pas capable de se créer son tir. Par son manque d’explosivité, il ne crée pas de séparation (le step-back n’est clairement pas une arme au point), mais il est aussi trop peu dangereux en pull-up de par un mauvais handle (dont proviennent beaucoup de ses pertes de balle). Hormis son turnaround ligne de fond, il ne possède pas assez de moves au poste pour que son déficit de création de tir extérieur soit pallié.

Enfin, il faut parler de la santé physique de Baldwin, qui pose aussi question. S’il n’a joué que 11 matchs, c’est en partie parce qu’il a passé beaucoup de temps à l’infirmerie, à devoir soigner ses blessures à la jambe et à la cheville. C’est surtout cette dernière qui inquiète car elle le suit depuis sa dernière année en high school, durant laquelle il avait déjà raté pas mal de rencontres. Une potentielle blessure chronique à son âge, c’est forcément un point qui soulève encore plus d’interrogations sur l’apport du joueur dans la grande ligue, réputée pour son exigence au niveau physique.

Certains observateurs attendent encore Patrick Baldwin Jr. au 1er tour de cette draft, même si sa côte a bien chuté au fil de la saison. J’avoue à titre personnel ne pas être très convaincu par le joueur, malgré son profil de poste 4 shooteur qui peut évidemment intéresser le Thunder. Il n’a pas réussi à dominer face à une concurrence assez faible (à cause aussi de son supporting cast, il ne faut pas le nier) et apporte beaucoup plus d’incertitudes que d’assurance. Même son point fort qu’est le tir semble trop perfectible et il faudra assurément pour Baldwin qu’il tombe dans le bon environnement (encore plus que pour les autres joueurs) afin de s’épanouir en tant que spécialiste du tir. À Presti de déterminer si Baldwin a les qualités pour apporter le spacing nécessaire à OKC, surtout sur les ailes.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)

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