Draft 2022 : quels joueurs pour le Thunder avec les picks 30 et 34 ?

Les cibles potentielles

Les guards

  • Trevor Keels (PG/SG, 18 ans, 195cm, 101kg, 201cm d’envergure, Duke Blue Devils)

Stats 2021-22 : 36 matchs, 30.2 minutes de moyenne
11.5 points, 3.4 rebonds, 2.7 passes, 1.2 interceptions, 0.1 contres, 1.3 turnovers
41,9% au tir (4.1 FG/ 9.8 FGA), 31.2% à 3pts (1.5 3P / 4.8 3PA), 67% aux lancers (1.8 FT / 2.7 FTA)

Commençons par Trevor Keels, le jeune combo guard de Duke qui est un monstre physique pour son poste. Après avoir longtemps hésité à retirer son nom de la draft 2022 pour se présenter l’année prochaine, il décide de laisser son nom et de tenter sa chance cette année. Bonne décision ? Erreur ? Seul l’avenir nous le dira. Mais en attendant, penchons-nous sur l’un des plus jeunes joueurs de cette cuvée.

Il a surpris beaucoup de monde avec une performance folle pour le match d’ouverture de la saison universitaire face à Kentucky. En plantant 25 points et en éteignant TyTy Washington, il a attiré beaucoup de regards et suscité la curiosité de beaucoup d’observateurs. Comme évoqué plus haut, son physique est hors-norme et lui permet d’être très versatile en défense et compliqué à stopper en attaque. Ses mensurations lui permettent de pouvoir défendre des postes 1 à 3 assez facilement : assez puissant pour défendre les ailiers les plus costauds et assez rapide latéralement pour défendre les arrières les plus vifs. C’est un joueur très puissant pour son poste et qui en plus de ça est aussi rapide, on obtient donc un combo très rare qui le rend tout de suite très intriguant.

De l’autre côté du terrain, c’est un joueur qui sait déjà parfaitement utiliser et profiter de son avantage physique. Il parvient à garder son défenseur dans le dos sur le drive pour le maintenir loin de la balle, il sait aussi parfaitement baisser son centre de gravité et utiliser ses épaules pour se créer des espaces, et est capable d’absorber le contact et de bumper le défenseur pour finir au cercle. S’ajoute à ça une vraie intelligence sur attaque placée. Malgré un rôle très rarement primaire à la création – beaucoup de joueurs de Duke étaient capables de créer et de porter la balle – il a su montrer de vrais flashs sur ce secteur du jeu. On peut le voir parfaitement gérer des PnR en jouant avec beaucoup de patience pour faire le bon choix, il a le sens du jeu. Il sait trouver son coéquipier facilement en sortie de PnR mais est aussi parfaitement capable de décider de pull-up à mi-distance pour punir un défenseur trop bas. Il est aussi très bon pour trouver ses coéquipiers sur les cuts et a montré qu’il était capable de jouer quelques séquences en post-up pour utiliser son avantage de puissance sur des arrières plus légers, dans cette situation il combine puissance et footwork, faisant de lui un joueur qui peut être très efficace.

Parlons maintenant des points à travailler. On peut noter plusieurs problèmes chez Trevor mais le manque de régularité au tir est l’aspect de son jeu qui, s’il parvient à le corriger, pourrait lui faire passer un gros palier. En effet, malgré une mécanique de shoot loin d’être mauvaise, il ne parvient pas à rentrer ses 3pts avec régularité (31% de loin). Son tir va être déterminant pour la suite de sa carrière : s’il parvient à développer un shoot fiable, il peut vraiment devenir une pièce importante d’une équipe et apporter à tous les niveaux sur le terrain. Malgré des % médiocres à 3pts, son tir extérieur est loin d’être mauvais et sa sélection de tir est très correcte, c’est un joueur qui a l’air d’avoir confiance en son tir et qui a les outils pour devenir un shooter fiable. Il semble plus à l’aise en prenant des tirs dans le rythme ou en sortie de dribble plutôt qu’à l’arrêt. On peut d’ailleurs revenir à ses années lycée pour le voir dans un rôle de sniper et où il était un bien meilleur tireur, il y a donc de l’espoir qu’il trouve de la régularité dans son tir.

On le voit trop peu driver et utiliser sa rapidité et sa puissance pour aller chercher des paniers faciles sous le cercle malgré un manque de toucher, surtout quand on sait comment il gère déjà très bien son corps et comment il pourrait forcer la défense à faire faute pour le stopper. Il fait souvent les bons choix et peut parfaitement ressortir pour un joueur dans le corner ou faire l’extra pass après avoir fixé la défense. En plus de peu driver, il utilise très rarement sa main gauche et force souvent le tir main droite, même après un drive côté gauche.

Pour finir, c’est un joueur loin d’être parfait défensivement et il a montré des difficultés à défendre face à des porteurs de balle rapides et techniques, en se faisant passer assez facilement. Même s’il parvient souvent à le suivre et contester par derrière, il a tendance à faire des fautes bêtes sur ce genre de séquences.

Bref, c’est un joueur encore très jeune mais qui est déjà très complet pour son âge et qui a montré qu’il était intelligent et patient en attaque, il doit absolument être plus régulier et plus utiliser ses forces, il va aussi devoir travailler sa main gauche pour ne pas se faire éteindre facilement par un défenseur intelligent et progresser en défense. C’est un joueur qui aura besoin de temps.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Blake Wesley (PG/SG, 19 ans, 194cm, 85kg, 206cm d’envergure, Notre Dame Fighting Irish)

Stats 2021-22 : 35 matchs, 29.3 minutes de moyenne
14.4 points, 3.7 rebonds, 2.4 passes, 1.3 interceptions, 0.1 contres, 2.2 turnovers
40.4% au tir (5.1 FG/ 12.6 FGA), 30.3% à 3pts (1.5 3P / 5.1 3PA), 65.7% aux lancers (2.7 FT / 4.1 FTA)

Second prospect de cet article, dans un registre radicalement différent de Trevor Keels, puisqu’il s’agit de Blake Wesley, le virevoltant meneur tout droit sorti de la fac de Notre Dame, bien connue pour être la fac de deux Bad Boys, Adrian Dantley et Bill Lambeer.

Avec Wesley, on a l’archétype du meneur NBA 2022 : un profil combo-guard, très athlétique, capable de faire énormément de choses en attaque, tout en ayant un potentiel défensif évident. Mais ces qualités vont aussi avec le lot de défauts inhérent à ce genre de profil : une irrégularité assez criante au shoot, une création pour les autres globalement très perfectible, et une défense qui n’est pas ce qu’elle devrait être vu le profil physique.


Avec son bon mètre quatre-vingt quatorze et ses (très) longs bras, le profil a tout pour plaire aux scouts NBA. En rapport taille-poids-longueur de bras, on est sur du Dejounte Murray : un joueur assez fin mais un poil plus grand que les autres meneurs et avec une envergure qui lui permet de faire beaucoup de choses, notamment défensivement. Mais la qualité première de Wesley reste avant tout son handle. S’il n’est pas le plus impressionnant de la cuvée, il est tout de même largement suffisant pour le projeter à un niveau NBA. En switch sur un big, c’est un régal à regarder. Il parvient aisément à se défaire d’eux et à sanctionner avec un tir mid-range. Même sur des extérieurs il est capable de créer la séparation nécessaire, qualité absolument primordiale pour un guard dans la NBA de 2022. Il faut aussi dire que le profil physique aide bien : Wesley est très rapide, avec notamment un premier pas qui met dans le vent énormément de ses vis-à-vis. Cette vitesse, il l’utilise parfois pour aller vers le panier en tant que joueur off-ball, une qualité très appréciée par le board du Thunder.

Pour ce qui est de son jeu en attaque, le garçon est… compliqué. C’est probablement pour cela que son range est aussi différent en fonction des insiders. Selon le match que vous regardez de Blake Wesley, vous pouvez voir un scorer triple-niveau, capable de ficelle un pull-up en première intention, tout en sanctionnant les pivots trop lents en collant un gros dunk. Et puis, il y’a d’autres matchs où vous voyez un joueur incapable d’aller au cercle, qui peut avoir un gros trou d’air de loin et qui ne sait pas faire les bon choix.

Pour prendre conscience de cette irrégularité, il suffit simplement de consulter ses splits au tir à 3pts durant sa saison avec les Fighting Irish. Si les mois de Novembre (39.1) et Février (36.2) sont satisfaisants, ceux de Janvier (27.8) et surtout de Mars (1 sur 16 !) sont eux particulièrement inquiétants. La mécanique n’est pas très belle, notamment sur le positionnement des hanches, ce qui entraîne parfois de gros écarts, surtout lorsqu’il shoote depuis la droite du parquet. De plus, le pourcentage aux lancers (65.7) ne nous donne que peu d’assurance sur sa réelle capacité à shooter. On a un joueur avec de la confiance, prêt à tenter des tirs difficile et culottés, mais qui amène aussi son lot de déchets. Difficile donc de se projeter sur la fiabilité de son tir extérieur.

Finalement, sa réelle qualité, c’est le mid-range. Là pour le coup, l’échantillon est élevé et l’efficacité au rendez-vous (38.8 avec seulement 5.3% des tirs assistés). C’est là où Wesley semble être le plus à l’aise pour l’instant, capable de sanctionner les pivots en drop, ou bien ouvert après avoir créé la séparation nécessaire. Il a même un petit turnaround jump shot qu’il maîtrise déjà plutôt pas mal, utilisé principalement lorsqu’il se retrouve en post-up face à des meneurs plus petits. En revanche, il va devoir immédiatement progresser sur ses drives vers le cercle, parce que n’être qu’à 51.2 % de réussite sur les drives avec un tel physique, c’est interdit. Il a parfois du mal à encaisser le contact des big, ne sait pas encore naviguer entre les défenseurs pour l’éviter, et n’a pas de floater/runner. Et même son côté athlétique a des limites, puisqu’il n’a pas non plus la détente qui lui permettrait de partir de très loin pour finir. C’est là pour moi que réside le principal défaut de Blake Wesley.

A la création je n’ai pas vu grand-chose d’excitant, pour être honnête, notamment dans l’importantissime maîtrise du pick and roll. On a ici un joueur qui se sert du P’n’R surtout pour lui-même, pas pour servir les copains. Alors oui, il est capable de servir son coéquipier sur des situations de short-roll, il sait lire quand l’aide arrive pour passer la balle à un copain démarqué dans le corner, mais je ne vois pas en lui un grand passeur. Point d’ailleurs intéressant : il est un grand adepte du refus de pick and roll, ce qui lui permet souvent de finir au cercle. Un passeur fonctionnel donc, comme beaucoup de guards de nos jours.

Défensivement, là aussi le joueur est encore paradoxal. Sur certains matchs il peut être un poison pour les extérieurs adverses, tandis que sur d’autres il peut complètement passer à travers. Sa principale qualité reste ses longs bras, avec lesquels il arrive très facilement à couper les lignes de passe, ce qui résulte en un nombre d’interceptions élevé (1.3 par match). En 1 contre 1 ce physique lui sert encore une fois à rester devant son adversaire, même s’il a été plus utilisé comme un défenseur off-ball, toujours à essayer de courir à travers les écrans. L’upside défensif de Blake Welsey est vraiment prometteur, mais il a encore pas mal de défauts. Je l’ai mentionné, le joueur vole beaucoup de ballons, mais cela veut aussi dire qu’il gamble pas mal, ce qui met trop souvent en difficulté sa défense, soit en retard, soit avec un joueur ouvert. De plus, lorsqu’il est battu sur le pick and roll, il a trop tendance à ne pas faire l’effort et à se contenter de tenter une interception de derrière, ce qui amène souvent une faute. Dernier point défensif, il passe quasiment systématiquement sous l’écran. En NCAA ça peut encore passer, en NBA ça sera directement sanctionné par beaucoup de guards.

Le profil de Blake Wesley est donc le profil d’un joueur qui a tout pour réussir dans la grande ligue, celui d’un physique en sa faveur, capable de défendre plusieurs postes tout en sanctionnant de loin, ou à mid-range via sa séparation de tir. Mais c’est aussi tout l’inverse qui peut se produire  : un joueur inconstant, incapable d’être efficace près du panier et qui veut trop l’interception, au dépit d’une bonne défense. Il serait intéressant de le voir évoluer au sein du Thunder, même si la côté doublon de Tre Mann se ferait sûrement ressentir.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Jaden Hardy (PG/SG, 19 ans, 198cm, 89kg, 209cm d’envergure, NBA G League Ignite)

Stats 2021-22 : 12 matchs, 32.2 minutes de moyenne
17.7 points, 4.6 rebonds, 3.2 passes, 1.3 interceptions, 0.3 contres, 3.5 turnovers
35.1% au tir (6.0 FG/ 17.1 FGA), 26.9% à 3pts (1.8 3P / 6.5 3PA), 88.2% aux lancers (2.5 FT / 2.8 FTA)

Après Jalen Green, Jonathan Kuminga et Isaiah Todd, tous les trois sélectionnés quasiment au premier tour (Todd est un pick 31), c’est au tour de Jaden Hardy, MarJon Beauchamp et Dyson Daniels de s’engager avec l’Ignite et de se confronter à des professionnels. Les deux derniers noms seront scoutés (Beauchamp est plus bas dans l’article), mais attardons-nous à Jaden Hardy. Considéré comme le deuxième meilleur prospect en sortie de lycée par ESPN, uniquement devancé par Chet, sa saison de G-League aura plus ressemblé à celle d’un Kuminga, à savoir décevante, que celle d’un Jalen Green, très prometteuse. En effet, sur ces 12 matchs joués (+13 si on compatibilise l’Ignite Tour), on ne peut pas dire que Jaden Hardy a ébloui les foules, bien au contraire. Malgré tout, il reste un prospect qui, à mon goût, chute beaucoup trop et qui mérite qu’on s’attarde dessus.

La première qualité d’Hardy est évidente : c’est un machine à buckets. Un peu à la manière de Jalen Green, Hardy a bénéficié de quasiment tous les ballons avec l’Ignite pour montrer l’étendue de sa palette offensive. Avec ses 17 tirs tentés par match, on a pu voir un très grand échantillon de ce qu’il est capable de faire, mais fatalement cela a aussi montré certaines de ses faiblesses.

Déjà, posons les bases : techniquement c’est parfait. La mécanique de tir est belle, le physique est bien sûr très à son avantage, et le handle lui permet de naviguer un peu partout où il veut sur le terrain. Le point où je le trouve très fort, et plus en avance qu’un Jalen Green à la même époque, c’est sur le mid-range. L’échantillon est élevé et la réussite (39%) présente, alors que Green en tentait deux fois moins avec une réussite bien moindre (aux alentours de 28%). On est en face d’un joueur qui sait déjà sanctionner dans cette aire du terrain, et qui devra être défendu dès son arrivée en NBA. 

Pour ce qui est du tir à 3 points et des drives, c’est autre chose. Commençons d’abord par le tir de loin. Globalement les statistiques ne sont pas très bonnes, voire même assez catastrophiques. En effet, Hardy cette saison, c’est 26.9 % de réussite de loin. L’échantillon est très, très élevé (plus de 6,6 tentatives par match) et ce manque de réussite est très certainement ce qui l’a fait chuter, même si on note une grosse amélioration sur la fin de l’Ignite Tour (quasi 39% de réussite) sur le mois de Mars, avec un nombre de tirs pris hallucinant : quasi 50% de ses tirs étaient des 3. En catch and shoot le joueur est plutôt efficace puisqu’il tourne à quasi 40%, et ses pourcentages aux lancers (plus de 88%) semblent confirmer qu’il est un shooter naturel. 

Alors comment expliquer une si mauvaise saison au tir ? C’est simple : le joueur est un énorme croqueur. Même si je suis prêt à lui reconnaître qu’il possède un bout de step-back, sa sélection de tirs de loin est absolument calamiteuse : beaucoup trop de heat-check, beaucoup trop de pull-up en première intention. Le joueur aurait tout intérêt pour moi à gommer cet aspect du jeu et à se concentrer sur les domaines où il performe : du tir en catch and shoot, parfois en sortie d’écran. Je ne vois pas en lui un joueur capable, à la Jalen Green, d’être efficace sur des pull-up 3, et je pense que même lorsqu’il sera drafté, ses pourcentages de loin lors de sa première saison seront loin d’être exceptionnels.

Pour ce qui est des drives, c’est peut-être là que le bas blesse le plus : seulement 51.2 % de réussite sur le showcase, à peine mieux sur l’Ignite Tour (53.4). Pour un joueur aussi à l’aise techniquement et doté d’aussi belles qualités physiques, c’est difficilement acceptable. Pourtant le handle l’aide bien à se défaire de son adversaire et à avoir des accès au cercle relativement aisés, mais la réussite n’est pas là, faute d’un plan B lorsqu’il trouve quelqu’un entre lui et le cercle (là non plus, pas de floater, pourtant si précieuse comme arme). Quand tu tires inefficacement de loin et qu’en plus tu n’es pas adroit près du cercle, difficile d’avoir des pourcentages élogieux.

Concernant son côté créateur pour les autres et jeu sur pick and roll, j’ai beaucoup de mal à dire autre chose que le simple fait que ce n’est qu’un passeur fonctionnel. On peut le dire de beaucoup de guards, les passeur-first devenant une espèce en voie d’extinction, hormis quelques rares cas type Josh Giddey. Néanmoins, avec un Dyson Daniels à ses côtés (quasiment 5 passes par match), ce n’était pas ce qu’on demandait le plus à Hardy. Plus de 3 passes par match donc, mais aussi… plus de 3 turnovers par match. Comme je l’ai dit, un joueur capable de manier le pick and roll (encore une fois surtout pour lui-même), sait faire la bonne passe au bon moment, mais capable aussi à certains moments de nous sortir sa plus belle vision tunnel. Vu le profil, je pense qu’il sera surtout utilisé au poste 2, ce qui fait que ce défaut à la création n’est pas forcément ce que je mettrais en avant comme jugement du futur rôle de Jaden Hardy en NBA.

Défensivement, là aussi y’a encore énormément de progrès à faire et de défauts à corriger. Comme beaucoup de joueurs de ce registre, Jaden Hardy a un défaut : il est flemmard en défense. Jamais vraiment concerné, il fait rarement les efforts, notamment pour suivre son défenseur off-ball. Il en va de même lorsqu’il se retrouve à défendre un pick and roll, le manque d’envie se fait grandement ressentir : que ce soit sur la recovery ou bien sur les close-out. Pourtant le joueur a montré que, quand il voulait, il était capable d’être un défenseur tout-à-fait correct, capable de défendre du 1 au 3, encore une fois parce que le physique l’aide grandement. Alors oui, le contexte Ignite n’aide pas pour établir des bases défensives, et je pense que dans une bonne franchise, comme le Thunder, il corrigera rapidement ce défaut.

Au final, que nous donne le cas Jaden Hardy ? Celui d’un joueur qui a sûrement fait le mauvais choix de rejoindre l’Ignite alors qu’il était déjà en haut de quasiment tous les classements. Oui, le joueur a eu une année complète pour se frotter à des corps de pro, à une ligne à 3pts NBA, mais au final pour quoi ? Pour des pourcentages désastreux et une chute dans les mocks ? Malgré tout, l’upside d’Hardy, offensif (une fois réglé le croquage), et défensif (dans une franchise qui saura lui inculquer une bonne mentalité) font qu’ils seront peu les prospects avec un plus gros potentiel que lui dans son range. Je ne sais pas si c’est un joueur que j’ai envie de voir au Thunder, mais il sera pour moi une des bonne pioche de la cuvée s’il devait chuter au-delà du top 20.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • MarJon Beauchamp (SG/SF, 21 ans, 199cm, 89kg, 215cm d’envergure, NBA G League Ignite)

Stats 2021-22 : 12 matchs, 36.6 minutes de moyenne
15.1 points, 7.3 rebonds, 2.3 passes, 1.6 interceptions, 0.7 contres, 2.3 turnovers
57.1% au tir (6.3 FG/ 11.1 FGA), 24.2% à 3pts (0.7 3P / 2.8 3PA), 65% aux lancers (1.1 FT / 1.7 FTA)

Au tour du très mystérieux MarJon Beauchamp, poste 2/3 qui a évolué avec l’équipe de G-League Ignite, qui a eu un parcours fou avant d’arriver en G-League et qui pourrait être drafté cette année entre la fin de 1er tour et le début de 2nd tour.

L’une des qualités qui saute aux yeux chez ce joueur est son jeu en transition, il est redoutable sur jeu rapide et traverse très vite le terrain pour souvent conclure sur un gros dunk. Plus globalement, c’est un joueur très athlétique – avec une grosse détente verticale – qui est un excellent slasher. Il est très efficace sur drive et utilise ses longs bras et un bon contrôle de son corps dans les airs pour finir plus facilement au cercle, il sait aussi très bien attaquer les closeouts. Il a eu un rôle quasi exclusif en tant que joueur off-ball – car il était entouré de porteurs de balle – et a donc pu montrer une panoplie très complète sans ballon. Il est très intelligent dans ses déplacements, est constamment en mouvement pour proposer des solutions, sait être au bon endroit au bon moment, est un bon joueur de cut…bref, il sait exister sans la balle.

C’est aussi déjà un très bon défenseur en 1v1, qui sait rester face à son joueur et contester des tirs grâce à sa longueur et ses capacités athlétiques. Il est aussi très bon sur les closeouts, une nouvelle fois grâce à sa longueur et sa rapidité qui lui permettent de vite réduire la distance avec le shooter adverse et contester le tir. Il est très versatile en défense et a été amené à défendre des postes 1 à 4 en G-League cette saison : il se bat en défense et galvanise le reste de l’équipe avec son intensité et son énergie et a clairement les outils pour devenir un excellent défenseur. Cette énergie se retranscrit en attaque et en défense, mais aussi au rebond. C’est un très bon rebondeur qui est aussi capable d’avoir le bon timing pour claquer un putback dunk après un tir manqué et réveiller toute la salle. 

On peut aussi parler de sa détermination, c’est un joueur qui n’a jamais rien lâché malgré un parcours difficile pour arriver là où il en est aujourd’hui et toutes ces épreuves l’ont forcément rendu plus fort et plus combatif. C’est un gros bosseur qui a travaillé dur pour être ici. Son coach Jason Hart en dit d’ailleurs beaucoup de bien, le décrivant comme un excellent coéquipier, un joueur facile à coacher et lui voit un grand futur en NBA. 

Concernant ses points à travailler, la régularité sur son tir fait partie des principaux. Il manque cruellement de régularité au tir, que ce soit en C&S ou en pull-up, et doit absolument travailler sur ça pour avoir un plus gros rôle en NBA. La mécanique de tir n’est pas parfaite et son tir manque de toucher, il prend aussi du temps à enclencher son tir et shooter à 24,2% de loin et à 65% aux lancers est beaucoup trop faible pour un rôle de 3&D.

Il doit aussi progresser sur son dribble pour pouvoir créer son shoot avec régularité, son rôle avec l’équipe Ignite n’était clairement pas de porter le ballon mais il avait montré de vrais flashs offensifs en ayant plus la balle quand il était en Junior College. La création est aussi un autre aspect de son jeu qu’il devra travailler, c’est un passeur très moyen qui a tendance à perdre beaucoup de ballons faciles, il peine aussi à trouver ses coéquipiers sur des cuts. 

De l’autre côté du terrain, il devra progresser sur son intelligence défensive, notamment quand son joueur n’a pas le ballon car il a tendance à trop regarder le ballon et à se jeter trop facilement sur le porteur, laissant son joueur ouvert. Il devra aussi s’étoffer un peu physiquement pour pouvoir lutter avec les joueurs à son poste en NBA.

Bref, malgré un âge assez élevé et un manque certain de régularité – au tir extérieur notamment – c’est un énorme bosseur qui pourrait surprendre beaucoup de monde en NBA s’il parvient à trouver cette régularité offensive et à corriger des problèmes défensifs qui pourraient lui permettre de devenir un défenseur élite. C’est un joueur avec une éthique de travail remarquable et qui se donne à 200% sur le terrain en plus d’être facilement coachable, il a tout pour plaire à Presti.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)

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