Draft 2022 : quels joueurs pour le Thunder avec les picks 30 et 34 ?

Les big men

  • Nikola Jovic (PF, 19 ans, 211cm, 101kgs, 214cm d’envergure, KK Mega Mozzart)

Stats 2021-22 : 29 matchs, 28.5 minutes de moyenne
12.0 points, 4.8 rebonds, 3.6 passes, 0.7 interceptions, 0.5 contres, 3.1 turnovers
41,4% au tir (4.2 FG/ 10.2 FGA), 31.5% à 3pts (1.6 3P / 5.0 3PA), 71.8% aux lancers (1.9 FT / 2.7 FTA)

On commence la dernière section, celle des big men, avec un des meilleurs prospects européens de cette cuvée, en la personne de Nikola Jovic. Le quasi-homonyme du double MVP en titre (dont on espère secrètement la draft aux Nuggets pour voir les commentateurs du Colorado galérer pendant toute la saison) effectuait sa seconde année chez les professionnels, la première véritablement intéressante étant donné qu’il n’avait joué que 7 matchs chez les adultes en 2020-21. 29 matchs, du temps de jeu et des responsabilités grandissantes sur cette campagne 2021-22 au KK Mega Mozzart (ou Mega Soccerbet, anciennement Mega Leks, je ne comprends pas leur délire de changer de nom toutes les 2 semaines), club réputé pour former des jeunes européens dans le championnat serbe afin de les envoyer à la draft NBA par la suite (Jokic, Luwawu-Cabarrot, Zubac).

Premier point sur lequel il faut s’attarder : Jovic a beaucoup grandi tardivement et a été formé comme Point Guard à la base. C’est quelque chose que l’on ressent directement en voyant ses qualités de playmaker. Il maîtrise vraiment bien le pick & roll, voit le jeu en avance et est même capable de réussir des passes compliquées assez impressionnantes pour un joueur de sa taille. Il prend parfois trop de risques d’ailleurs, peut même sembler présomptueux dans certaines prises de décisions, mais Jovic a tout ce qu’il faut pour être un super créateur secondaire dans la grande ligue.

Les qualités athlétiques du serbe sont aussi à mettre en valeur. Il est très grand (2.11m), puissant et plutôt long, mais aussi rapide et fait preuve d’une belle mobilité. Cette dernière lui permet notamment d’afficher un vrai potentiel défensif, en cela qu’on peut le projeter comme un défenseur polyvalent pouvant contribuer des postes 2 à 4 en NBA. Actuellement, Jovic a tendance à se jeter dans certaines feintes, ne se bat pas assez dans les écrans, mais semble pouvoir devenir au minimum correct de ce côté du terrain. Il a toutes les armes pour en tout cas.

Grâce à ses qualités physiques et son agressivité, il peut aussi finir au cercle plutôt correctement, grâce à un bon toucher de sa main droite et un vrai footwork près du panier. Il éprouve plus de difficultés à finir main gauche et doit travailler sur ce point, même si les flashs sont prometteurs.

Balle en main, Jovic est à l’aise. Son handle est bon et il excelle lorsqu’il peut initier du jeu en transition. Il a l’intelligence pour prendre les bonnes décisions, sa vitesse lui permet de rapidement prendre l’espace disponible et avec son aisance balle en main, il peut choisir entre la bonne passe ou le panier facile selon ce qui s’y prête le mieux. De plus, il apporte du danger au scoring via sa maîtrise du pick & roll, mais doit tout de même progresser en pull-up pour devenir un joueur capable de véritablement créer son tir à bon niveau.

Pour ce qui est du shoot, Jovic affiche des qualités intéressantes. Il se met bien en rythme, il dégaine rapidement même si sa mécanique reste encore à travailler et possède une grosse confiance en lui (il n’hésite pas à tirer, c’est bon signe). Les pourcentages derrière l’arc sont encore perfectibles (31.5%), mais le volume de tir pris est conséquent et c’est plutôt la régularité plus que la qualité de son tir qui lui fait défaut. Quoi de plus normal pour un joueur de 19 ans qui joue sa première saison complète chez les professionnels. Dans ce secteur, les signaux sont donc rassurants et Jovic semble avoir le potentiel pour devenir un stretch 4 fiable, un profil recherché en NBA.

Pour finir, on peut dire que le serbe a un caractère bien trempé, qui se voit clairement sur le terrain. Si cela passe par son niveau de confiance en lui élevé, cela se traduit aussi et surtout par un body language assez négatif. Lorsque les choses ne se passent pas comme prévu, Jovic a trop tendance à s’énerver, à râler envers ses coéquipiers ou les arbitres. L’enjeu pour lui est d’arriver à se canaliser pour éviter de se dissiper et de sortir trop souvent de son match, même si, là aussi, on peut tempérer les inquiétudes en disant qu’il n’a que 19 ans.

Jovic est donc un joueur très complet, élite nulle part pour le moment, mais pouvant devenir très bon dans la quasi-totalité des compartiments du jeu. Il serait surprenant de le voir encore disponible en place 30 lors de la draft, mais sait-on jamais. De toute façon ces scoutings visent un peu plus haut que 30, comme dit en intro. Si ce cas de figure arrive, je serais très content de l’accueillir à OKC, sachant qu’il aura du temps de jeu d’entrée au vu de nos besoins sur les ailes et de l’apport qu’il peut avoir dès sa saison rookie. En plus, on pourrait avoir la serbian connection avec Poku, que demander de plus ?

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • E.J. Liddell (PF/C, 21 ans, 201cm, 110kg, 213cm d’envergure, Ohio State Buckeyes)

Stats 2021-22 : 32 matchs, 33.2 minutes de moyenne
19.4 points, 7.9 rebonds, 2.5 passes, 0.6 interceptions, 2.6 contres, 2.4 turnovers
49% au tir (6.3 FG / 12.9 FGA), 37.4% à 3pts (1.4 3P / 3.8 3PA), 76.5% aux lancers (5.3 FT / 6.9 FTA)

On passe maintenant à Eric Liddell Jr., intérieur qui effectuait son année junior chez les Ohio State Buckeyes, ayant amené en NBA D’Angelo Russell, Mike Conley ou encore Jared Sullinger, un bon souvenir pour les joueurs de 2k, un peu moins pour les nutritionnistes de Boston.

Liddell n’est d’ailleurs pas un nom méconnu des organisateurs du Draft Combine, lui qui s’était présenté à la draft 2021 à la suite d’une belle saison individuelle (en 16pts, 7rbds) avant de se retirer et faire une nouvelle campagne sous les couleurs des Buckeyes, son équipe. Car oui, E.J. Liddell était le leader d’Ohio State cette année, bien épaulé par le freshman Malaki Branham (dont nous parlerons sûrement dans un prochain article) pour former un monstre à deux têtes difficile à battre. Liddell était beaucoup responsabilisé en attaque mais avait surtout un objectif clair : s’améliorer sur des points précis (tir à 3pts, défense au large) pour devenir un joueur plus facilement projetable dans un rôle en NBA.

Si on parle de Liddell, il faut commencer par ce qu’il fait de mieux : scorer à l’intérieur. E.J. est puissant, se sert bien de ses 110kgs pour se créer un accès au cercle, a un vrai toucher et provoque beaucoup de lancers, qu’il rentre souvent (76%). Il est aussi efficace en poseur d’écran sur pick & roll, mais possède surtout un vrai footwork près du panier ; Liddell est excellent en post-up et fait parler sa palette technique ainsi que son physique pour malmener l’intérieur adverse. De plus, il est capable de repérer de mieux en mieux ses coéquipiers ouverts, notamment lorsqu’il est doublé, ce qui le rend d’autant plus difficile à défendre. Liddell n’est pas un joueur qui domine uniquement via sa puissance physique, il faut aussi briller ses copains et fluidifie le jeu de son équipe.

Maintenant, parlons de ce qui nous intéresse le plus : les progrès effectués durant l’année. Au tir, ils sont réels : Liddell est devenu fiable derrière l’arc, en passant de 34% pour 3 tentatives à 37% pour 4 tentatives. Il sanctionne quasi-exclusivement en situation de spot-up (et cela même contesté) et sa qualité de pose d’écran + son intelligence de jeu font de lui un joueur de pick & pop très intéressant.

Pour ce qui est de la défense, Liddell est d’abord un bon protecteur de cercle. Très bon même à l’échelle de la NCAA, avec 2.6 contres de moyenne cette saison, mais son manque de taille va forcément limiter son impact au niveau NBA, et ce malgré le fait qu’il ait développé un vrai sens du timing sur ses aides défensives. Il est aussi un bon rebondeur, avec quasiment 8 prises par match et une belle activité au box-out. Pour ce qui est de la polyvalence défensive souhaitée l’année dernière … disons qu’il progresse. Il bouge mieux, suit de mieux en mieux son vis-à-vis et peut ne pas être négatif dans ce domaine, même s’il manque évidemment de mobilité et de vitesse tout simplement pour suivre des extérieurs rapides.

On en vient à ses limites. Déjà, il ne sait pas créer son tir à plus de 3m du cercle (i.e. lorsqu’il ne peut pas faire la différence avec sa puissance physique). On a parlé de son déficit d’explosivité mais il n’est pas dangereux en pull-up et a surtout un mauvais handle. Aussi, il n’a pas réellement de secteur dans lequel il pourrait dominer en NBA, ce qui restreint son potentiel (au-delà du fait qu’il soit en 3ème année NCAA). Enfin, le doute subsiste sur son apport défensif en NBA. Le scénario trop petit pour défendre les pivots / pas assez mobile pour défendre les ailiers existe et Liddell devra arriver à pallier son déficit physique par son intelligence de jeu pour contribuer de ce côté du terrain.

Actuellement, la côte de Liddell monte et de plus en plus de mocks le situent dans le 1er tour de cette draft. Son potentiel ne semble certes pas très haut, mais ses qualités en attaque près du cercle, sa mentalité de hustleur, de joueur collectif, ainsi que sa capacité à progresser dans un secteur clé du basket NBA comme le tir en font un joueur intéressant pour pas mal d’équipes dont OKC. Si jamais Presti voit en lui un joueur capable de se trouver un rôle de bon défenseur d’équipe, comme a pu le faire JRE l’année dernière, E.J. Liddell a un bon profil pour jouer à côté d’un intérieur qui protège le cercle.

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)
  • Christian Koloko (C, 22 ans, 213cm, 100kg, 229cm d’envergure, Arizona Wildcats)

Stats 2021-22 : 37 matchs, 25.4 minutes de moyenne
12.6 points, 7.3 rebonds, 1.4 passes, 0.8 interceptions, 2.8 contres, 1.6 turnovers
63.5% au tir (4.9 FG/ 7.8 FGA), 73.5% aux lancers (2.7 FT / 3.7 FTA)

Dernier scouting de ce très long article, peut-être le plus simple à faire, puisqu’il s’agit ici de Christian Koloko, le pivot camerounais d’Arizona, fac de Bennedict Mathurin.

Pour sa troisième année sous les couleurs des Wildcats, Koloko aura vu sa côte auprès des scouts Draft monter en flèche. Après une seconde année où il alternait entre starter et le banc, il a enfin débuté l’intégralité des matchs cette saison au poste 5, où Tommy Lloyd, assistant coach à Gonzaga jusqu’à alors, en a fait sa tour centrale en défense. Si bel et si bien que Koloko a fait partie des finalistes pour le trophée de défenseur de l’année, trophée finalement remporté par Walker Kessler, pivot absolument fou, coéquipier de Jabari Smith à Auburn.

La qualité première de Koloko est donc son profil défensif. Avec ses 213 centimètres pour 229 d’envergure, et la bonne centaine de kilos qui va avec, il a été tout simplement formidable sur drop toute la saison. Une vraie tour de contrôle qui, un peu à la manière de Gobert à Utah, a passé la saison à rattraper les erreurs défensives des copains (coucou Bennedict). Gare à vous si vous essayez d’approcher de la raquette, car avec quasi 3 contres par match, il est très difficile de le prendre à revers. De plus, je trouve que c’est un contreur plutôt intelligent, qui ne fait pas partie de ceux qui envoient la balle au troisième rang mais qui oriente le contre de façon à avoir une transition facile. Toujours très concerné et attentif, il couvre les possibles cuts, peut aisément défendre du mid-range. Et même en 1v1, même si vous êtes un guard, bonne chance pour essayer de le prendre de vitesse. La plupart du temps, vous allez vous retrouver à devoir ressortir la balle en mauvaise position. J’aime beaucoup aussi la manière qu’il a d’orienter son défenseur, qui doit souvent prendre un lay-up main opposé, ce qui se termine la plupart du temps par un gros contre. Je l’ai même vu parfois sur Pick and Roll défendre le ball-handler… et ensuite contrer l’intérieur qui roule vers le cercle. Bref, un monstre défensif, qui a pour moi toutes les qualités nécessaires pour pouvoir défendre en NBA day one, chose assez rare pour un range dans ce niveau.

Finalement, quels sont ses défauts en défense ? Et bien j’en vois deux : naïveté et vitesse latérale. Naïveté parce qu’il a trop tendance à mordre aux feintes, à trop vouloir faire le contre, ce qui lui joue (trop) souvent des tours. Quand c’est un prospect de 18 ans comme Jalen Duren, je peux l’accepter, un peu moins lorsqu’il s’agit d’un joueur de 22 ans en troisième année. Pour ce qui est de la vitesse latérale, c’est probablement ça (ainsi que l’âge) qui fait qu’il n’est pas plus haut dans les mocks. Oui en 1v1 il est dissuasif, mais n’est pas infranchissable pour autant. Les pieds pourraient être plus actifs, notamment lorsqu’il évolue dans le périmètre. Et on l’a vu durant ces playoffs, des pivots qui ne peuvent pas un minimum switcher de loin sont très vite pris en grappe et exposés. Malgré tout, il très haut dans le classement des meilleurs défenseurs intérieurs de cette cuvée.

Autre point que l’on a peu évoqué dans ces scoutings : l’activité au rebond. Avec 7.3 prises par match, et un TRB% de 15.4 (dont 12.1 pour ce qui est du rebond offensif !), on est en face d’un pivot très impliqué. Et au-delà de l’implication, j’avance une nouvelle fois l’intelligence de Koloko. Il est déjà tellement long qu’il est difficile de le contourner et de lui chiper le rebond, alors ajoutez à cela un vrai sens du timing couplé à une bonne lecture d’où la balle va retomber, et vous êtes quasiment sûr d’avoir le rebond défensif avec Koloko dans votre équipe. De l’autre côté du terrain, cela donne un joueur très fort pour tout ce qui est putback, et qui n’a pas peur d’aller au combat. Beaucoup de qualités qui ne feraient pas de mal à OKC, surtout quand on a vu la très faible présence au rebond off la saison passée, Giddey excepté.

Et offensivement, que donne t-il ? Rien de bien extraordinaire : on est face ici à un pur rim-runner, ultra efficace près du cercle (71.5% de réussite). Pas le plus mauvais sur pick and roll, il est évidemment une menace sur les lobs. Mais une fois passé ces quelques points, il ne reste plus grand-chose. Pas de tir à 3pts naturellement, pas de mid-range, mais aussi un toucher discutable près du cercle, alors que le pourcentage aux lancers semble indiquer que le garçon est capable (quasi 74% de réussite). Du mal à l’envisager dans un autre rôle que dans du pur catch at the rim.

Au final, les qualités et les défauts de Koloko sont similaires à beaucoup de rim-runner : très gros défenseur, très gros rebondeur, attrape tout si on lui lance la balle près du cercle mais qui a n’a pas de tir, pas de jeu au poste et possède des limites lorsqu’il s’agit de défendre au large. Son âge très avancé pour la cuvée (quasi 4 ans de plus qu’un Duren) laisse peu d’espoir en sa capacité à progresser. Je pense qu’il peut, en cas de draft d’un extérieur type Ivey en 2, être une pioche intéressante en fin de premier tour/début de second. De là à dire que Presti serait prêt à le drafter ? Vraiment pas sûr…

Sa place dans les mocks (à noter que les mocks de O’Connor et du duo Byrum-Hughes ne dépassent pas le pick 30, d’où la non-présence de certains)

Voilà tout ce que vous deviez savoir sur les potentielles cibles pour le Thunder en fin de premier/début de second tour pour cette Draft. Est-ce que, comme ce fût le cas pour Maledon en 2020 et JRE l’an passé, nous avons eu le nez creux et un futur joueur du Thunder se trouve dans cette liste ? Nous verrons cela le 23 juin prochain. Semaine prochaine : pick 12, avec là aussi un nombre de prospects débilement trop important à scouter, mais beaucoup de joueurs qu’on apprécie. À la semaine prochaine !

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