Les quatre fantastiques arrivent !

On s’en rend compte depuis quelques semaines, la transmission du covid ne cesse de s’accélérer partout dans le monde. Si le Thunder y échappait depuis le début de la pandémie, ce n’était pas le cas de la NBA. On se doutait donc bien qu’OKC en ferait les frais un jour et ça y est, le jour de gloire est arrivé. Darius Bazley, Tre Mann, Jeremiah Robinson-Earl, Aleksej Pokusevski, Josh Giddey et même Aaron Wiggins (déjà de retour) ont été contaminé par le virus. Par conséquent, la franchise s’adapte et recrute pour palier les manques.

En tant que français fan du Thunder, les quatre nouveaux joueurs d’OKC arrivés en 10 days contract vous évoquent sûrement vaguement quelque chose. En effet, Rob Edwards, Scotty Hopson, Zavier Simpson ainsi qu’Olivier Sarr viennent de l’équipe du Blue en G-League. Ce dernier est d’ailleurs français, une excellente raison de commencer par son profil.

Olivier Sarr :

Né à Niort en 1999, Olivier Sarr a passé son enfance en France. Le pivot français a d’ailleurs pas mal voyagé. De Bordeaux pendant son enfance à Paris pour y intégrer l’INSEP de ses 15 à 18 ans en passant par Toulouse, le nouveau joueur du Thunder n’a pas dû hésiter longtemps à voyager encore plus afin d’atterrir à Winston-Salem, dans l’université de Wake-Forest avec des rêves de NBA plein la tête. Après 3 ans de carrière universitaire en Caroline du Nord, Olivier Sarr voyage encore, cette fois dans le Kentucky afin d’y jouer pour les Wildcats. Une dernière année universitaire avec en ligne de mire la draft 2021. Malheureusement, il ne sera pas choisi à la draft. C’est là que le Thunder est intervenu en lui offrant un contrat avant de le couper dans le but de l’intégrer à l’équipe de G-League où il y a joué 14 matchs.

Du haut de ses 2,13m pour 116kg, Olivier Sarr est clairement un poste 5. Son profil physique lui permet évidemment de prendre des rebonds et de protéger le cercle assez efficacement. Toutefois, il ne faut pas non plus tomber dans les préjugés en pensant qu’il ne fait que ça. Offensivement, l’ancien de Kentucky montre d’autres atouts que sa taille. Son physique combiné à son footwork et son toucher de balle lui permettent d’attaquer en partant du poste bas avec une certaine efficacité. De plus, même si ce n’est plus une arme très utilisée en NBA, il est assez à l’aise à mi-distance où il n’hésite pas à prendre des shoots lorsqu’il en a l’occasion sur pick and pop en tête de raquette ou après s’être retourné au poste bas.

En revanche, lorsqu’il s’éloigne trop du panier, il perd forcément en efficacité. S’il est capable de shooter à mi-distance, le tir à 3 points n’est pas son point fort. Même si lors de ses 25 matchs avec Kentucky il a tourné à 44% de réussite à 3 points avec plus d’une tentative par match, il a beaucoup plus de mal en G-League où il shoote à seulement 17% de loin en autant de tentatives qu’un an plus tôt. Aussi, si sa taille lui permet de contrer, prendre des rebonds ou tirer par dessus les défenseurs, elle l’empêche d’être polyvalent en défense. Comme presque tous les grands, on peut imaginer qu’il aura énormément de mal à défendre sur les guards en NBA qui sont encore plus rapides et techniques que ceux qu’il a pu affronter en université ou en G-League.

La tâche s’annonce compliquée pour Olivier Sarr s’il veut réussir au Thunder. Son style de jeu ne colle pas forcément avec la philosophie de Mark Daigneault et son fameux position-less basketball. Toutefois, il aura au moins la chance d’évoluer à un poste où la concurrence n’est pas très élevé. Seuls Favors et Muscala peuvent le concurrencer au poste 5 puisque Bazley et JRE ont attrapé le virus. Pendant ces 10 jours, il apportera un profil différent et c’est ici qu’il doit trouver sa force pour pouvoir s’imposer dans l’effectif.

Scotty Hopson :

On poursuit avec le joueur le plus expérimenté des quatre. D’ailleurs, en arrivant au Thunder, Scotty Hopson deviendra le joueur le plus vieux de l’effectif avec ses 32 printemps. On disait d’Olivier Sarr qu’il avait pas mal voyagé mais dans ce domaine, Hopson évolue à un tout autre niveau. Après trois ans de fac dans le Tennessee, l’arrière/ailier est parti s’exiler en Europe ou il a évolué en Grèce, à Israël, en Turquie, en Espagne ou encore en Croatie. Comme si ce n’était pas suffisant, entre temps il est allé découvrir la Chine, faire un passage en G-League ou encore quelques bouts de banc chez les Cavs et les Mavericks en NBA avant d’alterner entre le Blue et l’Australie. Une carrière calme est classique finalement. En 2019, il avait déjà eu un contrat de 10 jours avec le Thunder, sans succès. Au vu de sa carrière, on ne doit pas s’attendre à un long passage d’Hopson au Thunder mais simplement une petite expérience afin de remplacer les covidés. Ses allers retours aux quatre coins du globe doivent être synonyme d’adaptation rapide pour l’ancien d’Anadolu Efes, une bonne nouvelle pour la franchise.

Au niveau de son style de jeu, on ne doit pas s’attendre à un joueur smooth comme SGA. Hopson est un pur slasher, très athlétique. Du haut de ses 2,01m, il n’hésite pas à aller dunker dès qu’il en a l’occasion. C’est pourquoi il a besoin d’un jeu rapide et de grands espaces pour pouvoir pleinement s’exprimer. Lorsque le jeu se calme, il aime aussi se servir de son physique pour enfoncer ses adversaires au poste bas et prendre des fadeaways. Sans être un point fort, son shoot extérieur n’est pas non plus une faiblesse tant qu’il n’en abuse pas.

Finalement, son plus grand défaut sera son incapacité à élever son niveau de jeu face à une adversité plus forte. Par le passé, il n’a jamais réussi en NBA malgré quelques petites occasions. Des défenses resserrées et plus physiques l’empêcheront d’attaquer le cercle comme il le souhaite et l’inciteront sûrement à abuser de son shoot extérieur. De plus, même si son corps lui permet de ne pas être négatif en défense, il faudra là aussi faire les efforts face à des adversaires plus dominant.

Sa grande expérience lui permettra sûrement d’apporter assez facilement et de connaître son rôle sans trop de problème. Toutefois, et ça va de soi, son âge l’empêchera certainement d’avoir un avenir à moyen terme au sein de la grande ligue.

Rob Edwards :

Natif de Detroit, Rob Edwards a passé toute son enfance dans le Michigan. En 2015, il est rentré à la fac à Cleveland avant d’atterrir deux ans plus tard à Arizona State. Comme pour Sarr, il a eu une carrière universitaire longue de 4 ans avec deux équipes différentes. Il a aussi eu le même destin à la draft en étant undrafted. Depuis, il évolue avec le Blue. A 24 ans, il a maintenant la chance d’évoluer en NBA. Ce contrat de 10 jours peut être un tournant dans sa carrière ou au pire être une belle expérience de vie.

Rob Edwards est un arrière d’1,96m pour environ 93kg. Si vous nous suivez régulièrement sur Twitch, vous avez eu l’occasion de le voir jouer dans la bulle de G-League la saison dernière. Offensivement, Edwards est capable de faire pas mal de choses, dont certaines que personne ne sait faire au Thunder. L’arrière d’OKC est un bon shooter à trois points, notamment en sortie d’écran et donc en catch and shoot. Il est aussi capable de pull-up en dégainant assez rapidement. Malheureusement, ses statistiques à 3 points sont en forte baisse. Il est passé de 44% en 2020/2021 à 34% cette saison. Durant les deux saisons, les échantillons sont assez faibles (15 matchs chaque saison) alors on imagine que son niveau réel se situe entre les deux. Si le tir à 3 points ne suit pas, il est aussi capable d’utiliser les écrans à la perfection avec son pivot pour se créer un shoot à mi-distance ou finir près du cercle si l’accès au panier se libère.

En plus de son shoot extérieur plutôt efficace, Edwards est un joueur très agile, capable de se faufiler dans les défenses lorsqu’il drive pour finir plus proche du cercle. Il sait aussi se servir de sa tête pour trouver des coupes intelligents en jouant off-ball.

Concernant les points plus négatifs, Edwards n’est pas très athlétique. Il sera en difficulté pour finir proche du cercle lorsque celui-ci est bien protégé. Ce n’est pas non plus un joueur qui va se battre énormément au rebond et bien qu’il soit assez intelligent en défense, il ne va pas briller en raison de son manque de capacités athlétiques. Au-delà de l’aspect physique, il manque aussi de création pour ses coéquipiers (1,7 assists de moyenne sur les deux dernières saisons).

En somme, Edwards a un profil très similaire à celui de Tre Mann même si le style est assez différent. Ce n’est donc pas pour rien qu’il a été choisi par le Thunder et c’est donc un choix totalement logique. Encore une fois, on l’imagine mal s’imposer à long terme en NBA puisque justement Tre Mann est présent. Toutefois, on sait ce qu’il apportera pendant l’absence du rookie et cette expérience en NBA ne peut être que positive pour lui.

Zavier Simpson :

Enfin, on termine avec Zavier Simpson qu’on a aussi eu la chance de commenter en direct sur Twitch l’an dernier. Né dans l’Ohio il y a 24 ans, Simpson s’est vite retrouvé dans le Michigan natal de son coéquipier Rob Edwards. il sort de quatre ans avec les Michigan Wolverines où il n’a pas montré assez de belles choses pour être drafté. Depuis son échec à la draft 2020, il évolue en G-League pour le Blue. Un destin similaire à celui d’Edwards qui les ont tous deux amenés en NBA au Thunder, au moins pour dix jours.

Le nouveau joueur du Thunder vient apporter un profil très différent de ce qu’il y a déjà dans l’effectif. Avec 1,83m pour 86kg, il est évident que Simpson ne va pas briller par sa polyvalence à tous les postes mais va plutôt prendre la mène aux côtés de joueurs plus athlétiques.

En attaque, il arrive à transformer son manque de taille en une réelle qualité. Sa vivacité lui permet d’éliminer ses adversaires en changeant de rythme rapidement. Il a aussi de vraies qualités de meneurs et sait mettre en évidence ses coéquipiers grâce à sa vision de jeu et sa capacité à créer pour les autres. Lorsqu’il part en drive pour attaquer le panier, il sait parfaitement éviter le contact pour finir sans se faire contrer ou au contraire, prendre le contact en se réorientant dans les airs pour éviter le contre.

Malgré son manque de taille, il arrive aussi à être performant en défense. Il palie son manque de physique par une grosse envie, des appuis vifs et des mains actives. Il sait très bien gêner la construction du jeu du meneur adverse. Il arrive même à prendre pas mal de rebonds (4 en moyenne depuis son arrivée au Blue), preuve qu’il met beaucoup d’envie des deux côtés du terrain.

Malheureusement, Simpson a aussi de gros défauts, à commencer par sa taille. S’il met beaucoup d’envie et montre de réelles qualités défensives, il ne peut évidemment rien faire face à des adversaires beaucoup plus grands et costaud que lui. Ce problème sera d’autant plus flagrant en NBA où les équipes adverses vont le cibler et profiter pleinement des différences physiques. En attaque aussi Simpson a un gros point faible : son shoot extérieur. Sur ses 4 années universitaires en plus des deux saisons avec le Blue, il shoote à seulement 30% à trois points. C’est bien trop peu pour un meneur, qui plus est lorsqu’on mesure 1,83m en NBA.

Quoi qu’il en soit, Zavier Simpson est là pour au moins dix jours avec le Thunder et il amènera un profil atypique. Son physique rendra les choses encore plus compliquées pour lui s’il envisage un avenir long terme en NBA.

Le covid continue de frapper en NBA et est enfin arrivé dans l’Oklahoma. L’occasion pour Zavier Simpson, Rob Edwards, Scotty Hopson et Olivier Sarr d’évoluer dans la grande ligue. C’est le moment ou (presque) jamais de faire ses preuves pour envisager un avenir en NBA.

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