Quels joueurs pour le Thunder avec le Pick 16 et 18 ?

Les big men

  • Usman Garuba (PF/C, 19 ans, 203cm, 104kg, 218cm d’envergure, Real Madrid Baloncesto)

Usman Garuba est un profil particulièrement sujet à débat et polarisant : épié depuis son plus âge, notamment lorsqu’il roulait sur la concurrence avec l’Espagne en U16 et, un peu moins dominateur mais toujours très solide, en U18. Il est assez facile de trouver deux avis complètement différent sur Garuba : pour certains c’est un joueur qui a un vrai futur en NBA, pour d’autres on est plus sur un joueur qui ne passera jamais le cap de l’Euroleague afin de devenir un joueur important dans une rotation chez l’oncle Sam. Pas facile donc de se faire un avis définitif sur lui.

La première chose qui saute aux yeux concernant Usman Garuba, c’est son intensité et son moteur, les deux couplés à sa mentalité. En effet, voir Garuba évoluer sur un parquet c’est voir une boule d’énergie constante, qui ne rechigne jamais à faire les efforts, qu’ils soient défensifs ou offensifs. Garuba c’est ce joueur qui va faire toutes les petites choses que l’on ne verra pas dans les lignes de stats mais qui permettront à son équipe de gagner des matchs. Vrai bon coéquipier, prêt à subir les critiques pour s’améliorer sans rechigner, et à se sacrifier pour le collectif s’il le faut, comme en témoigne une activité assez folle au rebond, qu’il soit défensif ou offensif. On le sait, ce genre de joueur est particulièrement précieux dans un roster NBA, surtout s’il vise le titre.

Sa principale qualité est bien évidement son physique : avec ses 104 kilos et son envergure à 2,18, Garuba possède toutes les qualités d’un intérieur moderne en NBA. Vraiment ? Pas toutes en fait. Puisqu’il ne mesure ‘’que’’ 203 centimètres, ce qui peut au final nous faire nous poser des questions sur sa potentielle utilisation au poste 5. Oui c’est un tronc d’arbre, mais c’est un petit tronc d’arbre, qui va rendre de très gros centimètres à pas mal de pivots adverses, et même avec toute l’envie du monde, difficile de tenir dans ce genre de match-up.

Malgré cette réserve sur sa taille et sur son futur poste en NBA, on peut dire que Garuba est déjà un défenseur hors-pair. Lui qui a joué plus de 110 matchs en tant que professionnel avec le Real Madrid (alors qu’il n’a que 19 ans), semble parfaitement comprendre comment un poste 4/5 doit défendre : excellent sur pick and roll, où son intensité l’aide beaucoup, très bon sur les switch, où sa petite taille lui permet de rester devant l’attaquant lorsqu’il essaye de le prendre de vitesse (peu d’inquiétude sur le fait qu’il pourra défendre sur des 3 voire des 2 en switch en NBA). Et même lorsqu’il commet une erreur comme un gamble sur l’interception manqué ou s’il est en retard, il a cette envergure et cette vitesse pour rattraper son retard ou son erreur. Pas le meilleur contreur pour l’instant mais son physique laisse présager qu’il pourra envoyer quand même pas mal de contres dans le futur. Curieux de voir aussi un potentiel talent à l’interception tant les mains sont toujours actives sur les lignes de passes. Et comme en plus de cela il vient souvent compenser les erreurs faites par ses coéquipiers, on peut dire que Garuba est un pilier sur lequel une défense peut s’appuyer. Seuls points faibles : améliorer le jeu de jambes et les close-out.

Mais Garuba ne se résume pas qu’à un tronc capable de défendre, ou en tout cas pas totalement. En effet, l’espagnol est un vrai bon playmaker sur pick and roll et sur short-roll, où il fait preuve d’une vision de jeu plus qu’average pour un joueur de son poste. Pas mal de bons mouvements en direction du panier aussi, des bons cuts, un second jump quasi aussi haut que le premier, bref une base en attaque à explorer. Il est aussi capable de parfois poser la balle, même si c’est encore très très brut.

Son vrai axe de progression sera finalement son handle ainsi que son shoot. En effet, Garuba a montré qu’il était capable de tirer de loin, et quand je dis de loin je ne parle pas de son mid-range inexistant mais du 3pts. Alors la mécanique n’est vraiment pas belle, notamment le poignet qui est positionné n’importe comment et qui fait qu’il envoie parfois de sacrés écarts, mais il a tout de même rentré 33,8 % de ses tirs primés en Liga ACB cette année, avec quasi 3 tentatives par match. On ne lui demandera pas de tourner à 38 ou 39% derrière l’arc, ça serait se tromper de joueur, mais il doit absolument devenir un shooter à 32 ou 33% avec 3 ou 4 tentatives par match pour éviter de devenir un poids pour son équipe en attaque, encore plus s’il est utilisé en 4 et non en 5. 

S’il parvient à améliorer ce tir extérieur, alors son avenir en NBA sera beau et radieux. Si les défenseurs adverses ne s’occupent pas de lui à partir du moment où il est à plus de 2m du cercle, son avenir risque d’être moins radieux. Se pose aussi la question de récupérer un tel joueur en 16 ou 18. Oui le Thunder a besoin d’un intérieur, mais est-ce que ce montre Garuba, à savoir un bon défenseur capable de finir mais un peu petit et sans réel shoot, mérite un quasi pick de loterie ? La question se pose, et encore une fois cela dépend de votre niveau de confiance envers le développement de Garuba.

Sa place dans les mocks
  • Alperen Sengun (PF/C, 19 ans, 208cm, 109kg, 213cm d’envergure, Besiktas Sompo Japan)

Alperen Sengun est l’un des meilleurs prospects européens cette année, sans aucun doute. Déjà présent avec l’équipe de Turquie sur les fenêtres internationales, le jeune intérieur a été très en vue cette année au Besikas, se plaçant parmi les meilleurs joueurs du championnat après avoir dominé à de nombreuses reprises son adversaire. Mais alors pourquoi prête-t-il autant à débat, que cela soit auprès des fans qui, comme vous, s’intéresse à la draft, ou auprès des spécialistes, qui le classe parfois dans la loterie, parfois en milieu voire fin de premier tour ?

D’abord, les fans du joueur (et les autres) ne peuvent qu’admirer les fondamentaux offensifs du pivot. En regardant jouer Sengun, on revient plusieurs années en arrière, tant le joueur fait tout son pain en jouant dos au panier. Et sur ces situations, Sengun agit tel un danseur. Son travail de pied est élite, et lui permet presque à chaque fois de passer son joueur ou de le mettre facilement dans son dos. Une fois cela fait, Alperen peut sanctionner la défense des deux mains ou en prenant le contact pour obtenir une faute, l’un de ses gros points forts. En bref, Sengun peut se créer son propre tir au poste de manière élite si on lui donne la balle, chose qui est de moins en moins effectuée en NBA…

Autre énorme point fort qui suscite l’intérêt des scouts : Sengun pourrait jouer dans le futur comme un « hub » offensif. Un hub offensif c’est quoi ? C’est Nikola Jokic. Un grand qui jouait et créait balle en main, pour lui ou les autres, en gros. En effet, en plus de son excellent jeu dos au cercle, le Turque a montré d’excellentes choses dans la création et dans le passing game, notamment au poste bas, où il est élite pour lire la défense. Sengun peut sanctionner les prises à deux, servir les shooteurs à l’opposé de la balle, les joueurs qui coupent… et peut aussi poser de très bons écrans et bien enchaîner ensuite. Des compétences qui pourraient avoir de la valeur s’il arrive à les transposer en NBA, bien que, soyons honnête, il ne deviendra pas Nikola Jokic.

Mais quelles sont les limites de Sengun ? Et bien, d’abord, contrairement au pivot serbe, le prospect est pour l’instant un non-shooteur. 19% à 3pts en 21 tentatives, ce n’est clairement pas flamboyant. S’il a parfois utilisé un petit tir à mi-distance, il semble peu à l’aise avec l’idée d’en prendre. Pour l’instant, Sengun n’est pas une menace en dehors de la raquette et ne sera pas respecté de loin à son entrée en NBA. Mais quelques espoirs sont permis, de part son pourcentage aux lancer-francs encourageants (81%), et grâce aux quelques vidéos ou flashs où l’on voit que sa gestuelle n’est pas cassé, surtout pour un grand, et que la trajectoire de son tir est assez correcte. Si son tir pourrait vraiment augmenter son plafond, il sera nécessaire pour Sengun, s’il veut gagner une bonne place en NBA, d’augmenter son plancher, en masquant son plus grand défaut : la défense.

Si on vous parle de quelques profils très intéressants défensivement à l’intérieur, ce n’est pas le cas du Turque. En Europe, Sengun a parfois limité la casse, notamment aux rebonds où il a assuré à son équipe pas mal de prises. Mais ses efforts étaient inconstants et il doit progresser dans la discipline défensive, alors que la tâche va s’avérer de plus en plus rude pour lui. En effet, le jeu plus athlétique et physique de la NBA ne va pas forcément lui correspondre, au contraire. Sengun ne mesure pas 2m10, et n’a pas une envergure ou des capacités athlétiques (bien qu’il soit assez rapide, notamment en transition) susceptibles de compenser ce manque de taille, comme d’autres joueurs que nous avons présenté ou que nous présenterons. Physiquement, cela va être dur pour le jeune Turque, qui va souffrir face aux pivots adverses. Il va devoir travailler sur sa dureté et sur sa protection de cercle, car on a pour l’instant du mal à le projeter défensivement en NBA. D’abord du mal à le projeter en tant que rim-protector, et encore plus dans une défense avec quelques switchs, où il ne semble pas avoir la latéralité pour tenir un minimum les guards adverses.

Au final, Alperen, au-delà de confronter des fans ou non du profil, soulève aussi un débat sur ce que l’on attend d’un poste 5. Préférez-vous plutôt un profil défensif, qui peut jouer sans le ballon, qui sera une menace aérienne et physique, voire qui peut switcher, ou plutôt un joueur qui peut apporter du scoring, fluidifier une attaque, au détriment de la défense qui sera potentiellement très friable ? Si Presti s’est historiquement dirigé vers le premier choix, sa mentalité peut évoluer, comme les dernières drafts peuvent nous le montrer.

Sa place dans les mocks
  • Kai Jones (C/PF, 20 ans, 211cm, 99kg, 216cm d’envergure, Texas Longhorns)

Kai Jones est le meilleur prospect à l’intérieur qui ne s’appelle Evan Mobley. C’est toujours bon de le préciser au moment où nous citons 4 intérieurs qui seront potentiellement des picks de loterie dans cet article. Pour être honnête au moment où nous avons décidé de quels joueurs nous allions parler dans ces articles, Kai Jones était dans ce range du pick 16, mais depuis sa côte explose et certains vont même jusqu’à le placer dans le top 10. Dans tous les cas, cette montée spectaculaire de Kai Jones est méritée tant le joueur est le profil d’intérieur que recherche tous les GM.

Il est difficile de trouver quelle est la plus grosse qualité dans le jeu de Kai Jones tant il est versatile sur pas mal d’aspects. Je pense qu’il faut d’abord citer son jeu en tant que véritable intérieur. Car oui Kai Jones est probablement un 4 lors de sa Draft mais je pense que son futur se dessinera au poste 5, il suffira uniquement de quelques kilos en plus. Pour revenir sur son jeu offensif, Kai Jones est pour l’instant principalement utilisé comme un dunkeur, mais pas comme un dunkeur type Mitchell Robinson ou DeAndre Jordan, c’est-à-dire un pivot qui roule et qui reçoit un alley-oop. En effet, il est intéressant de constater que Kai Jones est surtout utilisé côté dunkeur et peu en tant que réel intérieur de pick and roll. Très souvent on va voir Jones recevoir la balle ligne de fond et partir pour tout écraser, ce qui montre déjà que le gamin sait se déplacer avec la balle. Et en parlant de déplacement avec la balle, il faut absolument mentionner des situations où il part en coast-to-coast après un rebond défensif. Faire ce genre de chose alors que l’on est un intérieur de 20 ans, c’est très très fort, un talent qui se traduit avec les 75,8 % de réussite en transition, ce qui est excellent. D’ailleurs c’est un dunkeur mais il a aussi montré qu’il était capable de finir plus en finesse, notamment avec quelques euro-step qui laissent présager de très belles choses pour lui en attaque, de le voir plus qu’un marteau dans les raquettes adverses.

Autre point à mentionner : sa mobilité en défense. Si dans certains aspects qu’on évoquera il laisse encore à désirer, sa mobilité latérale n’en est pas une. C’est simple : il est capable de tenir du 1 au 5 en terme de mobilité : on l’a vu défendre en iso sur Jared Butler et ne pas lui donner un seul centimètre d’espace. En fait Kai Jones c’est un petit peu un mix de tous les autres pivots qu’on cite dans cet article. Sauf que lui n’a pas d’aussi gros défauts que les autres. Et en l’espace de deux paragraphes vous comprenez qu’il peut switch comme Garuba tout en étant meilleur que lui en attaque, et c’est à peu près la même chose en le confortant à Jackson et à Sengun.

A présent il faut parler du sujet qui fait que beaucoup de fans du Thunder sont très intéressés à l’idée de drafter Kai Jones : son shoot extérieur. Je pourrais mentionner certains fades près du panier qui sont eux aussi particulièrement excitants même si à confirmer, mais autant souligner les 38,2 derrière l’arc de Kai cette saison, en nette progression par rapport à sa première année. Néanmoins je me dois de nuancer ce tir extérieur. Oui la mécanique est plutôt belle pour un intérieur (même si elle semble parfois déraillée sur certains tirs tentés), et on ne peut que saluer le fait que Jones prenne ces tirs, mais l’échantillon est très, trop faible (1,3 par match) pour réellement le qualifier de shooter extérieur. Et comme en plus de cela le pourcentage aux lancers-francs n’est que de 69%, avec une mécanique qui elle pour le coup laisse vraiment à désirer, je suis plutôt du camp de ceux qui pense qu’il sera à l’avenir un shooter régulier en NBA, mais ça ne sera pas le cas dès son année rookie pour moi.

Autre point négatif : son côté protecteur d’arceau. Jones est un bon contreur si on en croit les stats (1 block par match en moins de 23 minutes), mais ces contres sont plus souvent des contres de recover, à savoir un contre après s’être fait passer par son défenseur mais qu’il parvient à stopper parce qu’il est long et rapide, plutôt que des vrais contres de protecteur de cercle, ceux où l’attaquant essaye de terminer au cercle et où le pivot l’attend pour le renvoyer. C’est un domaine dans lequel je trouve que Jones peut grandement s’améliorer, et c’est en partie de cette amélioration que dépendra son futur au poste 5 en NBA, être un vrai contreur sous le cercle.

Autre point d’amélioration : sa puissance du bas du corps. Là aussi en lien avec son éventuel repositionnement en 5 une fois arrivée en NBA. Trop souvent on aura vu Jones se faire bully au poste par un intérieur plus physique que lui et ne pas réussir à le tenir parce que la puissance dans le bas du corps n’était pas suffisante. Cela le pénalise en défense mais aussi en attaque, où ce manque de puissance ne lui permet pas de s’approcher plus du cercle et le force à pas mal de pertes de balle qui pourraient être évitées s’il était plus physique.

Malgré ces petits défauts Kai Jones reste pour moi l’intérieur hors Mobley le plus intéressant de cette Draft, peut-être le seul qui mérite véritablement sa place en loterie. S’il parvient à son plein potentiel, on aura un joueur dominant en défense capable de faire beaucoup de choses en attaque. Au pire, on aura un rim-runner capable de défendre les 5 postes en terme de mobilité. Le profil, surtout vu les manques actuels du Thunder, est particulièrement attrayant, mais pour cela, il faudra sûrement monter dans cette Draft.

Sa place dans les mocks
  • Isaiah Jackson (C, 19 ans, 209cm, 103kg, 219cm d’envergure, Kentucky Wildcats)

Pour cet article, j’ai eu à réaliser le scouting de Sengun et maintenant celui d’Isaiah Jackson. Si les deux joueurs occupent et occuperont probablement le même poste en NBA, ils ne peuvent pourtant pas être plus opposés dans leur jeu.

Isaiah Jackson, freshman à Kentucky l’année dernière marque d’abord les esprits pour son impact physique et ses capacités athlétiques. Annoncé juste en dessous des 2m10, Jackson a une immense envergure, et semble très long tout en étant assez fin. Forcément, avec de telles mensurations, alliées en plus à un gros jump, Jackson est une grosse menace au contre. Au poste 5, souvent placé en aide sous le cercle dans la défense de Kentucky, Jackson a fait valoir quelques qualités de protection de cercle et a mis quelques grosses crêpes aux attaquants adverses cette année. Avec 2.6 contres par match en à peine 20 minutes, Jackson est l’un des meilleurs contreurs de la draft. Il semble d’ailleurs avoir un super timing pour aller stopper les drives adverses en très haute altitude parfois. De plus, pour mettre autant de contres en si peu de temps, il faut avoir de l’énergie et de la combativité à revendre. Et ça, Isaiah n’en manque clairement pas. Défensivement, il est toujours concerné et joue avec une très haute intensité, ce qui lui permet de couvrir un terrain assez conséquent avec sa très bonne pointe de vitesse, et qui pourrait plus tard faire de lui un défenseur honnête sur le périmètre. Vous l’aurez compris, Jackson est intéressant défensivement, de par son énergie, ses qualités physiques mais aussi un super instinct, qui l’aide à être décisif malgré un manque clair d’expérience et de développement.

Mais justement, tout n’est pas parfait en défense, loin de là. Déjà, Jackson manque vraiment de poids et de dureté pour défendre au poste. Si sa taille compense un peu ce problème, un passage à la salle de musculation et à la cantine sera indispensable pour lui. Jackson a aussi le défaut de ses qualités : son insouciance et sa trop grande envie lui joue souvent des tours. Jackson est souvent naïf ou en veut trop, mordant souvent aux feintes des attaquants adverses ou étant parfois trop rapidement en foul trouble. De même, il a parfois tendance à trop sauter, ce qui s’avère être un vrai défaut en défense, puisque qu’il ne peut assurer le rebond ou effectuer les rotations défensives suivantes.

Enfin, les fondamentaux défensifs ne sont pas non plus parfaits, Jackson étant parfois trop droit ou pas dans les bonnes attitudes ce qui permet aux attaquants de le sanctionner trop facilement sur certains drives. Jackson a par contre montré par flashs de vraies bonnes capacités de défense sur l’homme et sur les drives, bougeant bien ses pieds et utilisant bien ses bras. Sur Pick&Roll, il n’est pas encore efficient, étant souvent peu discipliné et ne couvrant pas bien le jeu entre le meneur et l’intérieur adverse.

Offensivement maintenant… et bien c’est plus compliqué. Jackson est encore extrêmement brut, et a assez peu d’armes en attaque. La majorité de ses compétences offensives viennent de ses capacités atlhétiques. Jackson est un exceptionnel dunkeur, quasiment inarrêtable s’il est lancé. Bien entendu, cela fait de lui une excellente cible pour les alley-oops. Il est aussi une bonne menace sur les putbacks, où il peut chercher la balle très haut ou très loin. Les défenses doivent constamment le surveiller aux rebonds offensifs, tant il est agressif et combattif pour aller chercher la balle au dessus de tout le monde. S’il arrive à la capter, il a alors un très bon second saut pour finir l’action, et arrive parfois à finir sans dunker.

Sa vitesse ensuite est un vrai plus sur les contre-attaques, où il peut complétement déposer son défenseur et apporter une solution rapide au porteur de balle. Mais elle est aussi un atout sur jeu placé, où Jackson a par moment montré de très bonnes choses sur 1v1. Servi au poste, il est capable de se mettre face au panier et de passer son défenseur grâce à un premier pas très explosif et rapide. Une fois ce premier pas utilisé, il est très agressif au cercle, ayant envie de casser l’arceau à chaque fois ou finissant assez spectaculairement en lay-up.

Mais au final, l’attaque n’est vraiment pas le point fort de Jackson. D’abord, il perd beaucoup le ballon : que cela soit sur des écrans illégaux, sur les nombreuses actions qu’il force et qui se terminent sur un passage en force, ou quand il est perdu parce que son idée de mouvement de base n’a pas fonctionné, Jackson est en difficulté sur jeu placé. Il a aussi du mal à capter le ballon dans le trafic, ses mains n’étant pas encore un gage de sécurité dans le jeu et il doit aussi travailler sur son footwork, afin de se faciliter les finitions.

Jusqu’où peut-il aller en attaque ? C’est la question à laquelle les scouts essayent de répondre. D’abord parce que par flashs, Jackson a montré des facultés sur Pick&Roll. Il a par moment été utilisé en short roll où il a été capable de sanctionner la défense en drive ou de créer par moment pour les autres. Et son tir ? Il est encore en chantier, mais un tout petit peu d’espoir peut être permis. Sur certaines situations poste bas, il a directement enchaîné avec un mid-range. Si l’échantillon est faible et l’efficacité peut être au rendez-vous, son tir ne semble pas cassé, sa gestuelle étant plutôt correcte et fluide. Le tir à 3pts n’est pas encore une option néanmoins, puisqu’il n’a pas montré cette possibilité à Kentucky.

Isaiah Jackson me fait clairement penser à Nerlens Noel (même fac pour les deux), et cela pourrait être son devenir en NBA. Mais il a encore beaucoup de choses à faire évoluer et à polir, afin de pouvoir fouler convenablement les parquets NBA et se faire une place dans la rotation d’une équipe. Mais si tout se passe très bien, Jackson pourrait devenir une ancre défensive, une vraie menace aérienne en attaque avec un tout petit tir. Mais il y a aussi une forte chance que le pari ne soit pas payant, tant il y a de travail à effectuer. Néanmoins, on le sait, OKC aime bien ce genre de projets…

Sa place dans les mocks

Voilà donc pour ce (très) long article sur les potentiels choix pour le Thunder avec le pick 16 et 18. A moins de deux semaines de la Draft, les mocks s’accumulent et on commence à voir une réelle tendance se dégager pour le positionnement de tel ou tel rookie. Si vous avez des questions ou si vous souhaitez interagir avec nous sur les profils, vous pouvez toujours venir nous en parler sur notre compte Twitter. Et en attendant, nous on retourne à nos scouting, car il reste encore un pick à couvrir, le plus important des 5 dans le top 40.

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