Quels joueurs pour le Thunder avec le Pick 16 et 18 ?

Les forwards

  • Corey Kispert (SF/SG, 22 ans, 201cm, 99kg, 203cm d’envergure, Gonzaga Bulldogs)

Corey Kispert, c’est peut-être le scouting le plus simple à réaliser cette année, et c’est sûrement l’un des joueurs qui a apporté le plus de certitudes dans cette Draft remplie de paris plus ou moins bons à tenter.

Kispert, aussi l’un des seuls seniors que l’on va vous présenter dans nos articles. Son âge avancé, bien qu’un défaut à la Draft, ne l’empêchant pas de très bien figurer dans les mocks.

La raison de l’intérêt que porte les franchises à l’homme au bandeau ? Son tir. Kispert est le meilleur shooteur de la draft, et d’assez loin. En 4 saisons à Gonzaga, Corey a shooté à plus de 40% à 3pts, et a terminé son cursus avec un monumental 44% en 6.5 tentatives par match la saison dernière ! Comme vous vous en doutez sûrement, quand on parle d’un shooteur de ce niveau, il n’y a rien à redire sur sa gestuelle. Le tir de Kispert est fluide, la mécanique presque parfaite, le saut et la trajectoire idéals.

Au-delà de ces pourcentages qui mettent des étoiles dans les yeux, c’est aussi la diversité des tirs pris par l’ailier. Forcément, surtout dans une équipe comme Gonzaga qui pullule de talent, Kispert a d’abord eu l’opportunité de se montrer sur catch and shoot. Il est une énorme menace en spot-up et il ne manque presque aucun tir ouvert. Comme la plupart des meilleurs shooteurs, Kispert a montré une bonne capacité à se situer pour ouvrir les angles de passes sur les drives de ses coéquipiers, étant capable de glisser le long de la ligne à 3pts et de très bien se resituer grâce à des prises d’appuis élites. Il a aussi montré un range très intéressant, en tirant parfois bien plus loin que la ligne NCAA, ce qui est un vrai plus dans sa projection dans la grande ligue. Enfin, il s’affirme aussi comme une très grosse menace en transition, surtout s’il peut bénéficier de la menace créée par un guard élite sur la contre-attaque (Suggs à Gonzaga).

Mais Kispert ne s’est pas cantonné à un rôle uniquement de joueur en spot-up. On l’a vu largement recherché après des écrans non-porteurs loin du ballon. Sur ces situations, il a encore une fois montré toutes les armes nécessaires afin de devenir l’un des meilleurs shooteurs de la ligue. Le travail d’appui et les prises d’écran sont bons, et il a à de nombreuses reprises parfaitement lu la défense et l’anticipation de la défense, en proposant une course adaptée, que cela soit en flair ou en curl par exemple. Si on ajoute à cela quelques situations de dribble hand-off où il peut sanctionner la défense mais surtout quelques mouvements très efficaces avec le ballon, Kispert est un attaquant assez complet. Il peut notamment utiliser des feintes pour se créer un tir à mi-distance. S’il n’a pas un dribble exceptionnel, il sait l’utiliser pour solidement attaquer le cercle. Il a d’ailleurs été plutôt efficace près du cercle sur la saison, que cela soit sur les drives ou sur de bonnes coupes. Par contre, Kispert n’est pas vraiment capable de créer sur du 1v1 ou de créer pour les autres. On est définitivement face à un joueur qui a besoin d’être accompagné par de bons créateurs, de guards dominants pour exister.

Défensivement, Kispert n’est pas élite, mais sait faire les efforts et connaît surtout son sujet. Il sait se placer, il sait comment utiliser son corps, il sait s’insérer dans la défense collective… Globalement, Kispert n’est pas négatif de ce côté du terrain, loin de là. On-ball, Kispert est assez physique pour gêner la plupart des ailiers adverses, sans vraiment les éteindre. Il est un peu plus en difficulté face aux guards rapides, où il manque de mobilité latérale. De même, il manque de taille et de physique pour tenir les gros intérieurs adverses.

Si je n’ai presque aucun doute sur le jeu offensif et surtout son tir, qui me fait clairement penser à Joe Harris, il peut y avoir quelques questions sur sa projection en NBA, notamment à cause de son physique. En NCAA, surtout au bout de 4 ans, Kispert s’est adapté et pouvait un minimum s’imposer physiquement, notamment sous le cercle sur les drives et en défense. Au niveau supérieur, cela va devenir bien plus dur pour Corey. Quels postes pourra-t-il défendre ? Pourra-t-il devenir un défenseur honnête en NBA ? Pourra-t-il avoir la même variété offensive dans son jeu ?

Dans tous les cas, Kispert met tout ce qu’il peut pour réussir, étant réputé comme l’un des plus gros travailleurs de cette promotion 2021. Pour preuve, ses progrès réalisés année après année en championnat universitaire.

Kispert n’a pas le plafond le plus haut, en raison de son âge et de son jeu déjà très mûr, mais l’équipe qui le draftera s’assurera d’avoir un shooteur élite. Et dans la NBA actuel, ce n’est clairement pas du luxe. OKC fera-t-il ce pari, afin de déjà entourer ses jeunes et Shai d’un role player presque parfait ?

Sa place dans les mocks
  • Ziaire Williams (SF/PF, 19 ans, 201cm, 88kg, 209cm d’envergure, Stanford Cardinal)

Si avec Kispert on parlait de certitudes et de tirs, on change notre fusil d’épaule avec Ziaire Williams. Williams, c’est un top prospect avant le début de la saison, potentiellement le meilleur joueur de la fac de Stanford puisque l’ailier sort du gros lycée Sierra Canyon et d’un titre en FIBA avec Team USA. On s’attendait donc à une confirmation de son immense potentiel, et au final, le bilan est assez mitigé, alors que le joueur a déjà conquis le cœur de nombreux fans NBA qui aimeraient l’avoir…

Annoncé à plus de 2m et avec des bras interminables, Ziaire sera d’abord un très bon atout physique pour la franchise qui va le drafter. S’il possède certaines limitations, sa longueur, son envergure et son excellente vitesse latérale font de lui un joueur pouvant potentiellement défendre des ailiers et des guards de manière très efficace. C’est d’ailleurs un rôle qu’il a eu à tenir à Stanford, étant parfois placé sur le meilleur ball handler adverse. Ziaire a connu du succès dans ce rôle, notamment grâce à sa grande intelligence défensive, notamment collective, et une bonne science du placement. L’ailier sait utiliser son corps pour mettre la pression sur son joueur, et ses bras ainsi que son timing pour gagner des ballons, beaucoup de ballons. En plus, dans les aides ou quand il est à une passe du porteur de balle, Ziaire est toujours bien placé et anticipe exceptionnellement bien le jeu, ce qui lui permet de dévier de nombreux ballons ou d’intercepter des passes. Si on ajoute à cela un très bon sens du contre, que cela soit sur les shooteurs extérieurs, sur les drives ou aides, on est face à un joueur très versatile en défense, capable de défendre plusieurs positions aisément.

Sa seule limite ici pour moi est son manque cruel de force et de puissance. Ziaire est fin, et ne semble pas avoir passé beaucoup de temps à soulever des poids tant on le voit parfois subir certains contacts. De ce fait, le prospect est incapable pour l’instant de défendre des 4 ou des 5, qui le sanctionneront physiquement. Et cette limitation pose aussi problème en attaque.

En effet, aussi talentueux qu’il soit, Williams est limité par son physique trop frêle. Déjà, dès qu’il entre dans la raquette, il va subir le moindre contact avec la défense, ce qui ne lui permet pas de finir correctement, comme le montre ses pourcentages assez vilains. D’ailleurs, quand on le regarde jouer, on constate que le jeune ailier aura tendance à éviter un maximum tous les contacts, plutôt que de les absorber ou s’en servir. Cet évitement se fait aussi ressentir sur sa sélection de tir, puisque qu’il prend énormément de mid-range, où il est plus à l’aise, et de floaters, qui m’ont pour le coup moins convaincus…

Malgré ce gros défaut, Ziaire est loin d’être inintéressant en attaque, surtout de par son rôle. A la fac, on l’a vu évolué balle en main, en tant que créateur et scoreur. Williams a alors montré de vraies qualités sur le 1v1 et de création pour lui-même, que cela soit sur des changements d’appuis, des jab steps, des Pick&Roll… Il semble très à l’aise pour trouver ses spots à mi-distance après dribble, et plus à l’aise globalement au tir après avoir dribblé. S’il manque de puissance, Williams ne manque au contraire pas de vitesse et de détente, en plus d’un certain talent de scoreur tant les tirs qu’il prend peuvent être compliqués, ce qui explique aussi les pourcentages. On doit aussi ajouter à la panoplie de Ziaire un côté playmaker. Sur Pick&Roll, il a les compétences suffisantes et la vision de jeu pour très bien servir son intérieur, avec de très bonnes lectures de la défense. Mais cela reste des flashs, assez récurrents certes, mais des flashs puisqu’il a un ratio assist/turnover négatif, avec encore un jeu à polir.

Si le plafond de Ziaire sera très élevé s’il se densifie physiquement, il sera juste immense si le freshman arrive à corriger son tir et à en faire une arme. Ziaire n’est clairement pas à l’aise de loin, surtout en catch & shoot. Son geste est assez lent, et même s’il finit haut avec des bras plutôt bien placés, il peut subir la pression de la défense. Ici aussi, ses réussites sont plutôt des flashs, mais je suis plutôt confiant pour lui, car, comme je l’ai indiqué plus haut, il est déjà bien plus à l’aise en pull-up, où son tir est plus fluide et rapide, et son pourcentage aux lancer-francs encourageants.

Pour finir, il faut parler de son handle, sur lequel j’ai du mal à me positionner. Oui, Ziaire n’est pas le joueur le plus à l’aise balle en main, malgré son côté playmaker. Son dribble est assez haut et l’utilisation de cross est sporadique. Mais il semble assez à l’aise en transition pour remonter la balle, et sur jeu placé pour se déplacer où il veut et se créer des angles de passes notamment. Cela sera aussi un point à surveiller pour le joueur.

Je dois avouer maintenant que j’apprécie bien (comme beaucoup) le profil de Williams, tant son plafond est immense, surtout à son poste. Si on peut avoir des doutes sur son tir, en milieu de premier tour, cela me semble être un très bon pari à prendre…

Sa place dans les mocks
  • Jalen Johnson (SF/PF, 19 ans, 206cm, 99kg, 210cm d’envergure, Duke Blue Devils)

Si certains joueurs, comme Corey Kispert, sont assez faciles à scouter, Jalen Johnson, c’est une toute autre affaire. Pourquoi ? Parce que l’on est ici face à l’un des plus gros talents et des plus gros potentiels de cette draft, mais aussi l’un des joueurs qui a d’énormes « red flags », notamment en terme comportemental.

En effet, dès son cursus en high school, Johnson a changé plusieurs fois d’établissements, et a surtout marqué par son passage à l’IMG Academy, un énorme programme, où il n’aura au final… jamais joué. Johnson est un joueur avec un gros caractère et il l’a encore montré cette année en décidant d’arrêter de jouer pour Duke en cours de saison. Les raisons ? Le prospect souhaitait s’entraîner individuellement et se préparer pour la draft, plutôt que d’évoluer dans une mauvaise équipe de Duke et de risquer de se blesser à nouveau. Alors qu’il était un des freshmen les plus attendus, cette décision a forcément fait parler, et donne surtout du grain à moudre aux franchises NBA : Johnson peut-il être pleinement investi et concerné dans un programme NBA ?

Bon, l’aspect comportemental et hors-terrain de Johnson étant désormais décrit, parlons maintenant de son jeu. Johnson, c’est un ailier avec des mensurations presque idéales pour la NBA actuelle. Il est long, grand, et assez physique pour tenir aisément dans la grande ligue. Mais la chose la plus intéressante avec Johnson est qu’il est tout sauf un ailier classique ou un 3&D, puisque la principale qualité que les scouts mentionnent est sa capacité de playmaking.

Dans le peu de temps qu’il a passé sur les parquets NCAA, Johnson a d’abord démontré une très belle aisance balle en main en transition. Jalen est d’abord capable d’aller prendre un rebond en haute altitude, se servant de sa taille ainsi que de bonnes capacités athlétiques, pour tout de suite enchaîner avec la prise de dribble. Le handle est alors fluide, Johnson va vite et sait surtout garder la tête levée pour caviardiser ses coéquipiers avec de très bonnes lectures de jeu. Il fait souvent preuve d’un très bon contrôle dans ses situations.

Mais l’aspect créateur de Johnson ne s’arrête pas là. Sur jeu placé, il a de très bonnes capacités pour driver et servir les shooteurs à l’opposé du jeu, en réalisant de bonnes passes traversant le terrain. Sa taille est là aussi un atout, puisque qu’elle lui ouvre de bons angles. De même, quand l’ailier est servi au cœur du jeu, à mi-distance ou au poste, il ne se fait clairement pas prier pour sanctionner la défense adverse via la passe. Johnson sait servir les joueurs qui coupent au cercle ou lors des prises à deux, il a été en mesure de lire la défense et d’anticiper le jeu. Enfin, dans le cas où il est capable d’atteindre son plafond théorique, il est même potentiellement capable de jouer des Pick&Roll balle en main.

Au-delà de ces qualités de créateurs, Johnson est très versatile, et ce des deux côtés du terrain. Offensivement, il est une menace sur le drive, étant capable d’imposer son physique et de monter très haut pour dunker sur la défense adverse, avec une certaine élégance. Il est capable de jouer en 1v1, et de résister par séquence aux contacts près du cercle. Un peu comme un Ben Simmons, il peut aussi finir tout seul de nombreuses actions en transition, seul, grâce à un bon handle et un travail d’appuis au point.

Johnson est aussi versatile en défense. De part son physique et sa vitesse, Johnson peut défendre les ailiers et potentiellement les joueurs plus grands que lui. Sur l’homme, Jalen a montré certaines capacités qui pourraient laisser penser qu’il sera capable de défendre de 1 à 5. Si on ajoute à cela de bonnes attitudes off-ball, des close-outs bien réalisés et un très bon taux d’interception signe qu’il est souvent actif, Johnson pourrait gagner des minutes défensivement en NBA. Mais le freshman doit gagner en constance et en régularité, car il a été parfois pris en flagrant délit de manque d’attention et d’envie.

Vous vous en doutez, Johnson a un défaut principal. Un point que je n’ai pas abordé alors que l’on approche de la fin de son scouting : son tir. Johnson est loin d’être un shooteur efficace et stable de loin. S’il a montré un peu d’adresse en catch and shoot, sa mécanique n’est pas bonne et semble un peu cassée. Rien n’est fluide, puisque le tir est réalisé presque en deux temps, et Johnson ne saute quasiment pas. Les pull-ups ne sont clairement pas une arme pour lui actuellement, même s’il semble apprécier en prendre à mi-distance. Il est donc assez dur d’être confiant sur le développement du tir de Jalen, son pourcentage aux lancer-francs étant loin d’être élite… Jalen Johnson, cela peut être un des steals de la draft, comme l’un des pires choix. Alors, Presti va-t-il une nouvelle fois suivre la stratégie « high risk high reward » ?

Sa place dans les mocks

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