Dort lancer franc

Lu Dort, plus qu’un défenseur élite ?

Énorme surprise de la saison dernière, Luguentz Dort s’est déjà affirmé comme un défenseur élite en NBA, avec le potentiel pour être nommé un jour dans une des NBA All-Defensive Teams. Mais à l’aube de cette nouvelle saison, une interrogation pesait et pèse encore sur Dort : est-il capable de devenir plus qu’un défenseur ? Sera-t-il capable de développer un jeu offensif et un tir qui feront de lui autre chose qu’un nouvel Andre Roberson ? Éléments de réponse basés sur les premiers matchs de sa saison sophomore.

Une saison rookie pleine d’espoir

Avant de revenir sur les récentes performances de Luguentz Dort, il me paraît important de revenir sur son début de carrière, déjà tumultueux et spécial.

En 2018, après s’être montré lors de plusieurs événements consacrés aux prospects, le canadien rejoint l’université d’Arizona State. Il se montre dès les premiers matchs intéressants des deux côtés du terrain, et commence à attirer l’œil des scouts. Il marque notamment par son physique digne d’un footballeur américain (épaules et torse très larges et puissants) et ses qualités défensives.

Confiant à l’approche de la draft, Dort choisit de quitter le programme d’Arizona State après un an, et tente sa chance. En effet, plusieurs scouts l’ont dans leur board, comme un début de second tour voire une fin de premier tour, comme c’est notamment le cas chez nos collègues d’Envergure.

La draft, un rendez-vous manqué

Mais rien ne se passe comme prévu pour l’arrière, puisque son nom ne sera jamais appelé le soir de la draft. Pour cause : des doutes sur ses capacités offensives et notamment son tir. Dort sort d’une saison universitaire où il a shooté à 40% au tir et à 30% à 3pts. Son tir et son geste ne convainc pas, et malgré un rôle prépondérant dans l’attaque d’Arizona State et un manque flagrant d’aide de ses coéquipiers, il n’a pas amené les certitudes nécessaires aux équipes pour le drafter.

Mais Sam Presti n’était pas vraiment de cet avis. Actif en début de draft en tradant, concrétement, Brandon Clarke contre Darius Bazley, le GM n’avait pas de second tour en 2019. Il se tourne alors vers les joueurs non-draftés et, quelques minutes après la fin de la draft, il choisit de signer le canadien comme 2way contract. Si ce contrat ne permet pas à Dort d’être à plein temps avec le roster et le staff (40 jours sur la saison), il permet à Dort d’entrer en NBA. Par la petite porte donc.

Une chance unique de briller

Dort commence alors sa carrière de G-League, où il se montre à son aise avec des stats plutôt flatteuses et une efficacité en hausse par rapport à son année universitaire. Mais il ne peut pas passer beaucoup de temps avec le groupe NBA pour respecter la règle de 40 jours et doit régulièrement naviguer entre le Blue et le Thunder.

Tout va alors basculer pour lui lors de ses 2ème et 3ème apparitions, début décembre 2019, dans la grande ligue. Terrance Ferguson et Hamidou Diallo étant blessé, il a enfin sa chance. Après avoir eu quelques minutes contre les Wolves dans son premier match, il aura le droit à 19min contre Portland puis 29min contre le Jazz. Et comme vous vous en doutez, Dort a brillé.

Le rookie, prêt à jouer et à montrer qu’il mérite sa place dans la rotation, se montre déjà très intéressant défensivement. En mission sur le duo Damian Lillard- CJ McCollum puis sur Donovan Mitchell, il est bon et arrive déjà à embêter ces attaquants élites. S’il est encore très brut et pas vraiment en confiance en attaque, son énergie et son intensité défensive marque les fans et le staff.

Mais il faudra alors attendre le 20 janvier pour voir le vrai retour de Lu Dort dans le roster, un retour qui sera définitif. Une seconde absence de Ferguson, un Diallo pas au mieux et une confrontation contre les Rockets obligent Billy Donovan à mettre Dort dans son 5 majeur, une décision qu’il ne regrettera pas.

Dort se montre encore une fois précieux en défense, et s’affirme désormais comme le titulaire au poste 3. Soir après soir, il s’occupe désormais des meilleurs attaquants adverses, contre lesquels il montre sa ténacité et son physique de buffle. Ses capacités et sa constance défensive impressionnent, et il montre même quelques flashs en attaque. On sent en plus chez lui une envie et une capacité de hustle que peu de joueurs ont. Et le fait que personne n’ait voulu de lui le soir de la draft joue sans aucun doute sur cet élément.

Dort startera tous les matchs du Thunder sur la fin de saison, malgré le fait qu’il ne puisse pas s’entraîner avec le groupe pour économiser des jours sur son contrat ! Mais arrive la pandémie de COVID-19 et le hiatus de la NBA, repoussant la fin de la saison. Prévoyant, le Front Office décide alors de signer Dort avec un contrat garanti, une quasi-obligation à la vue de son statut et de ses performances. Contrat d’un montant que Dort excède déjà largement.

Des Playoffs frustrants mais prometteurs

Dort peut donc aller dans la bulle à Orlando avec le Thunder comme un joueur plus sûr de son destin en NBA. Et encore une fois, l’arrière va se montrer très important pour OKC sur la fin de saison. Le destin a en effet bien fait les choses, puisque lors du premier tour des Playoffs, le Thunder croise la route de Houston et de son duo James Harden – Russell Westbrook, tradé l’été précédent.

Après avoir manqué le match 1, Dort a à charge de défendre sur son prédécesseur à Arizona State, un certain numéro 13. Et le rookie se montre incroyable de discipline et de rigueur défensive. Il mène la vie dur au meilleur scoreur de la saison, et la sphère NBA commence à constater le talent du canadien.

Mais Dort pose problème. En effet, inefficace de loin, il est longtemps incapable de sanctionner la défense de Houston, qui le laisse complétement libre. Aussi positif qu’il soit en défense, il pose donc des problèmes conséquents en attaque au Thunder.

La série est néanmoins très serrée et va se conclure sur un match 7 irrespirable. Un match 7 qui restera comme la performance la plus surprenante de sa jeune carrière. 30pts, 10 sur 21 au tir dont 6 sur 12 à 3pts (!!!) pour le rookie dans la défaite de son équipe. S’il se fait contrer sur la dernière action par James Harden, Dort aura tout donné pour que le Thunder continue son aventure, mais aura surtout montré qu’il a le potentiel pour devenir un attaquant et surtout un shooteur extérieur viable.

Ce sont d’ailleurs ces deux derniers éléments qui me poussent à écrire cet article. Après une telle saison rookie, les attentes autour du canadien sont fortes, et il se doit de montrer qu’il peut être plus qu’un énième défenseur sans tir au Thunder.

Un défenseur avant tout

Avant de parler de potentiels progrès en attaque, je me dois de parler des qualités défensives de Lu Dort. Pour être plus qu’un défenseur élite, il faut d’abord être un défenseur élite !

Dès son année rookie, Dort a montré un impact défensif que peu de rookies ont pu avoir, et surtout un impact qui fait déjà de lui un top défenseur. Et malgré les nombreux départs et un groupe moins expérimenté, moins talentueux et pas toujours NBA ready, le canadien confirme pour l’instant sur son année 2 tout le bien que l’on peut penser de lui de ce côté du terrain. Ce n’est pas Donovan Mitchell qui dira le contraire.

Dès le deuxième match de la saison, Dort a montré qu’il n’avait rien perdu de son envie de rendre fou les meilleurs attaquants. Mitchell terminera la rencontre avec 20pts à 8 sur 23 au tir, et tout aura semblé difficile pour lui. Il déclarera d’ailleurs à la fin de la rencontre :
« First of all, gotta give him credit man. He’s a hell of a defender. »
On peut aussi notamment mettre en exergue sa performance défensive face à Denver lors du dernier match, où il a terriblement embêté Jamal Murray.

Le sophomore est dominant défensivement d’abord parce qu’il est incroyable sur les porteurs de balle. Dort va vite, se déplace très aisément latéralement, est très bas sur ses appuis et peut contenir les drives de nombreux joueurs grâce à son torse très large. Il excelle pour mettre de la pression sur le ball handler mais aussi dans le fait de bouger comme un miroir face à l’attaquant, en l’imitant pas après pas, appui après appui.

Son physique dominant lui permet aussi d’empêcher les joueurs de se démarquer facilement quand ils n’ont pas la balle, et de surpasser la plupart des écrans, notamment porteurs, pour annihiler presque n’importe quel avantage qu’apporte l’écran. Rien n’est plus jouissif que de voir le meneur adverse ne même pas réussir à obtenir la remise en jeu après un panier marqué. Autre point intéressant : Dort fait peu de fautes. En 28min par match, il n’est en moyenne que sanctionner à 2,4 reprises, synonyme d’une grande discipline défensive.

Encore des progrès cette année

Mais là où Dort m’impressionne encore plus cette année, c’est dans sa compréhension collective de la défense et dans son adaptation de plus en plus importante à la NBA. En effet, le sophomore est de plus en plus intéressant dans les rotations défensives et les aides, faisant presque toujours les bons choix et réalisant de très bons closeouts. En outre, son instinct et son hustle en font un défenseur de plus en plus redoutable off-ball ou dans les aides. De même, je parle d’adaptation à la NBA pour désigner le vice et la malice qui est de plus en plus visible chez lui, deux qualités pour moi très importantes pour être élite en défense. Le canadien provoque cette année énormément de passages en force, dont certains font basculer certains matchs. Et, à l’image de celui provoqué sur Kevin Durant face aux Nets, certains sont très biens vendus et anticipés.

Si on enlève pour moi un petit défaut sur les écrans loin du ballon, où Dort se fait parfois distancer trop facilement, il est déjà d’un niveau proche d’une All NBA Défensive Team. Et je ne suis pas le seul à le dire :

La défense permettra toujours à Dort d’avoir des minutes dans une rotation NBA, et sera toujours le noyau de son jeu, son atout principal. Mais pour devenir un joueur et un prospect encore plus intéressant, il doit aussi montrer qu’il peut apporter en attaque et qu’il ne sera pas un facteur limitant offensivement en Playoffs.

Un shoot déjà efficace ?

29,7% à 3pts en 2,8 tentatives par match : à l’issue de sa saison rookie, ces chiffres, ceux de Dort, sont plutôt problématiques. Effectivement, avec un tel pourcentage de réussite, les défenses ont tout intérêt à le laisser seul, avec le champ libre pour un tir. Comme j’ai pu le mentionner auparavant, c’est ce que les Rockets ont réalisés tactiquement lors des derniers Playoffs, avec au final une plutôt bonne réussite.

Pour éviter ce traitement pendant toute sa carrière et ne pas devenir un Andre Roberson 2.0, Dort doit progresser au tir et augmenter ses pourcentages. En s’approchant des 36-37%, sachant que ses tirs sont la plupart du temps grand ouvert, le canadien deviendrait déjà un joueur positif offensivement. C’était l’attente de la plupart des fans et probablement du staff à l’aube de cette nouvelle saison. Et le sophomore, après 13 matchs, a complétement dépassé ce que l’on pouvait espérer.

Dort shoote en effet à 43,7% à 3pts avec 5,5 tentatives par match ! Des stats digne des très bons shooteurs de la ligue. Si on peut penser que, au fil de la saison, ce chiffre est voué à diminuer, plusieurs choses laissent penser que l’arrière peut rester à un très bon pourcentage toute la saison.

Lorsqu’on analyse les stats avancées, on constate que Dort prend 50% de ses tirs à 3pts en spot-up, et que sur ces tirs, il est à 46,8% de réussite (via nba.com). Il shoote même à 51,4% quand il est grand ouvert. Ce genre de tir, malgré des potentielles adaptations défensives, Dort en aura toute sa carrière, notamment s’il joue avec des joueurs élite sur le drive (aka Shai Gilgeous-Alexander). Et j’ai de plus en plus confiance en sa capacité à sanctionner l’adversaire sur ces situations.

Ma confiance est d’autant plus augmentée quand on regarde les images de Dort au tir à 3pts, que j’ai en partie découpé dans la vidéo ci-dessous.

Confiance et appuis, clés de la réussite

Le premier élément qui saute aux yeux quand on regarde ces images est la confiance que dégage Dort sur ses tirs. Contrairement à l’année dernière, il ne refuse désormais presque aucun tir ouvert, n’hésite pas et prend les tirs en rythme. Son action à environ 30s dans la vidéo est l’exemple parfait de cette confiance nouvelle. Dort prend un premier tir ouvert, raté. Sur le rebond, le ballon lui revient dans les mains. Il ne réfléchit même pas et reprend directement un 3pts dans la même zone. Dedans. Un joueur dans le doute, ou même le Lu Dort de l’année dernière n’aurait peut-être jamais osé prendre ce tir. On peut aussi citer son tir à 17s dans la vidéo, où il se permet un jab step avant de santionner la défense.

Cette confiance, élément essentiel à tous les shooteurs, vient pour moi de plusieurs choses. D’abord, et c’est probablement le point le plus important, d’un très grand sérieux à l’entraînement. Il est évident de penser que Dort a énormément shooté cette intersaison pour progresser, et il semble satisfait de sa progression. Ensuite, son tir est plus propre que l’année dernière. La gestuelle est globalement la même et reste assez atypique, comme la trajectoire qui est très haute. Mais cela semble plus fluide et le canadien est surtout plus à l’aise dans ses prises d’appuis.

Dans la vidéo, on peut voir que Dort est capable de se réceptionner sur des appuis simultanés (les deux pieds en même temps) ou en alternatif, avec logiquement, comme tout bon droitier, le pied gauche d’abord. Il semble à l’aise sur les deux types d’arrêts et se retrouve presque à chaque fois avec le bon écartement et la bonne position d’appuis pour pouvoir enchaîner sereinement. Si ce n’est pas le cas, on peut voir qu’il n’hésite pas à repositionner son pied correctement avant de tirer. Dort a des repères et ne souhaite pas en sortir.

Cette progression sur les appuis et cette prise de confiance permettent même au numéro 5 de prendre des tirs en mouvement, après une petite course, comme c’est le cas à 45s dans la vidéo. Si cela n’est pas son fort, il sera peut être capable dans le futur de tirer après une course ou un écran.

Enfin, comme tous les shooteurs, Dort semble avoir des zones préférentielles. Comme le montre sa shotchart ci-dessous, ainsi que la vidéo, il est plus à l’aise sur le côté gauche et prend la majorité de ses tirs entre 45° et l’axe du panier. Malgré le faible nombre de matchs, la quantité de tirs pris par Dort est positive et est plutôt synonyme de vrais progrès et non d’enflammades.

S’il doit encore confirmer sur le long terme, et qu’il doit encore montrer qu’il peut sortir d’une mauvaise période sans adresse (ça arrive à tous les joueurs), la progression au tir de Dort est surprenante sur ce début de saison. Un dernier chiffre pour l’illustrer : il est à 31 sur 71 à 3pts sur 13 matchs. L’année dernière, il a fini à 30 sur 101 en 36 matchs. En quasiment 3 fois moins de matchs, Dort a donc dépassé son total de l’année dernière, et a d’ailleurs scoré au moins un 3pts à chaque rencontre. C’était difficilement imaginable, mais Dort est pour l’instant le meilleur shooteur du Thunder sur la saison, et s’affirme comme un très bon 3&D.

Quid des drives et de la création ?

Pourquoi s’intéresser aux capacités de Dort balle en main quand on sait que cela ne sera jamais sa fonction primaire, et qu’on pourrait très bien se satisfaire de ses progrès au tir ? Et bien par ce que c’est la suite logique de sa progression, un élément qui pourrait être déterminant pour la suite de sa carrière, et surtout une qualité qui lui permettrait de répondre à n’importe quel type de défense.

En effet, les équipes NBA étant très avancées dans le scouting, et les défenses étant (normalement) constamment dans l’adaptation, Dort va être de plus en plus surveillé et défendu sur les tirs extérieurs. Or, si on se replonge dans les stats avancées, on voit que s’il shoote à 51,4% quand il est « grand ouvert », il ne shoote plus qu’à 38,2% sur les tirs « ouverts » et ne prend aucun tir quand il est un minimum contesté. Si l’on ajoute à cela une gestuelle relativement lente, le sophomore doit développer des solutions pour quand même être efficient quand les closeouts adverses seront plus agressifs. Et cette solution, c’est le drive.

Pour analyser le potentiel de Dort dans ce secteur, il est d’abord important de revenir en arrière, à ces années universités. A Arizona State, l’arrière était le premier initiateur d’attaque et le principal créateur balle en main. Dort a énormément dû évoluer avec le cuir entre les mains, et avait pour mission de se créer ses tirs mais aussi de créer pour les autres. Dans une attaque sans grand talent, cela s’est avéré compliqué pour lui, ce qui explique ses mauvais pourcentages et possiblement sa chute dans la draft. Mais cette expérience est très intéressante au niveau NBA, car il n’est plus le premier créateur, mais principalement le troisième ou quatrième. Il doit dribbler, driver ou créer que quand il en est obligé ou sur des situations favorables, avec un spacing assez important.

Les drives de Dort, comme on peut le voir dans le début la vidéo ci-dessous, se font alors principalement après la création d’un décalage par un autre créateur et à la suite d’un closeout de l’adversaire.

Je qualifierais comme encourageant le début de saison de Dort sur les drives après un closeout. D’abord, les bons appuis qu’il prend pour le tir lui permettent de facilement enchaîner sur une attaque de cercle. Ensuite, Dort a un dribble efficient et un bon premier pas pour créer un décalage important sur le défenseur. Le fait qu’il soit toujours très bas sur ses appuis est aussi un avantage, puisque qu’il devient plus dur à défendre et il est plus difficile de le bousculer.

Arrivé plus près du cercle, il montre par moment de bonnes capacités pour finir malgré la protection de cercle adverse. Il arrive à se servir de ses immenses épaules, de ses capacités athlétiques (détente et vitesse) et de son corps pour s’imposer sous le panier et résister au contact. Cela lui permet de se créer un espace pour finir en lay-up (ou en dunk) ou de provoquer des fautes. Par moment, il fait même preuve d’un certain toucher pour finir de manière assez spectaculaire.

Je trouve enfin Dort plutôt bon et lucide dans ses choix sur les closeouts. Il sait quand tirer, quand il a un décalage pour attaquer le défenseur ou au contraire patienter quand c’est nécessaire.

Les capacités du canadien en drive vont un peu plus loin que de la simple attaque de closeout. Comme on peut le voir à partir de 34s dans la vidéo, Dort est une menace balle en main en transition. Sa vitesse balle en main et un bon cross lui permettent de sanctionner les retards défensifs. Il se montre aussi parfois intéressant dans la gestion de l’espace et des appuis pour passer la défense. On peut le voir réaliser des euro steps et hop steps pour traverser les défenseurs, ou finir en deux temps en l’air pour éviter le contre.

En outre, il a aussi montré par flashs qu’il pouvait se créer un drive à partir d’un 1vs1 presque arrêté. Son dribble très bas et ses cross sont alors une arme intéressante, et il arrive parfois à rester en contrôle pour sanctionner la défense.

Un jeu encore à polir

Bon… je vous ai présenté dans la partie précédente les flashs positifs de Dort, les finitions bien trouvés et les highlights en transition. Mais quand on regarde dans la globalité, une bonne partie des actions finissent plutôt comme cela :

En effet, selon Second Spectrum, Dort réalise en moyenne près de 12 drives par match. Un chiffre assez élevé et intéressant puisque bien supérieur à l’année dernière (8 par match). Sur ces drives, OKC a en moyenne scoré 0,714 pts par possession quand Dort a tiré ou quand il a fait une passe menant à un tir. Un des pires ratios de la ligue. Plus globalement, Dort shoote à 54% près du cercle, soit légèrement moins bien que la moyenne de la ligue.

On constate que Dort peut très vite se retrouver en difficulté s’il est bien défendu et s’il n’arrive pas à créer un décalage avec son joueur via son dribble ou son premier pas. Il s’enfonce alors dans la défense sans vitesse et force bien souvent un tir ou perd la balle.

Son principal défaut est pour moi sa tendance à sauter de très (trop) loin pour essayer de finir à travers la défense. Bien souvent, il percute alors le pivot adverse et ne peut finir correctement. Il jette la balle sans grand espoir ou tente un move très aérien mais quasiment impossible à conclure. Il n’a que trop rarement fixé et donné la balle à un coéquipier démarqué. Ces flashs dans ce domaine se résument presque dans cette courte vidéo :

Ces highlights nous permettent par contre de voir que Dort voit le jeu, et qu’il est capable de faire des passes dites de meneur de jeu. Mais pour pouvoir les réaliser et aussi finir plus efficacement, il doit encore progresser dans la gestion de ses appuis et de son dribble une fois dans la raquette. Dort doit être capable de s’arrêter pour lire la défense, ou d’anticiper la venue de l’aide pour la sanctionner d’une passe.

Il manque aussi clairement un tir à mi-distance en pull-up ou un floater à Dort pour être vraiment bon offensivement. L’utilisation de ces types de tirs permettrait de régler ses problèmes de finitions près du cercle tout en profitant de son premier pas et de son cross. Mais comme vous le voyez sur la shotchart, Dort a pris seulement 3 tirs dans la zone intermédiaire sur la saison.

J’ai employé le terme encourageant pour Dort dans ce secteur de jeu. En effet, il a montré à plusieurs reprises des flashs sur ces situations, et j’apprécie son agressivité sur transition, où il est pour moi déjà une arme viable. Ensuite, on parle ici d’un aspect qui le ferait devenir un joueur potentiellement dominant des 2 côtés du terrain, et qui n’est pas encore prioritaire dans son développement, contrairement à ce qu’était son tir.

Je n’ai enfin pas parlé de son jeu off-ball. L’année dernière, en présence de beaucoup plus d’armes offensives et d’excellents porteurs de balle, Dort avait fait valoir à plusieurs reprises ses capacités sur des coupes au cercle sans ballon. Il en effectue moins cette année, comme la plupart des joueurs du Thunder d’ailleurs, qui jouent très au large. Mais cet aspect est à ne pas oublier, tant il peut apporter des paniers faciles et potentiellement cacher ses défauts actuels sur les drives.

S’il est compliqué et déconseillé de tirer des conclusions après moins de 15 matchs joués sur la saison, le début de l’année de Dort est une véritable surprise pour les fans. Plus globalement pour les personnes suivant un minimum le Thunder. En année 2, des progrès étaient bien entendu espérés, mais Lu Dort explose pour l’instant toutes les attentes. Même en revenant à une adresse plus « normale », il aura déjà confirmé tout le potentiel que l’on pouvait lui trouver après une première année forte en rebondissement. Si, en plus, il confirme les flashs entrevus balle en main, OKC tient là une pépite sortie de quasiment nul part. Un joueur qui serait peut-être le deuxième plus gros prospect derrière SGA…

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