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Bulls 125 – 127 Thunder – Match #12

3ème match du home stand du Thunder avec, au programme, les Bulls de Chicago et de notre ancien Head Coach, Billy Donovan. Toujours sans la moindre victoire à la Chesapeake, le Thunder devait faire sans Al Horford, absent pour des raisons personnelles, remplacé par le surprenant Isaiah Roby.

Après 2 défaites consécutives, on voulait avant tout une réaction au niveau du jeu proposé. En effet, cette défaite face aux Lakers faisait tâche, même si elle avait eu lieu face à l’équipe la plus en forme actuellement, et les joueurs de l’Oklahoma se devaient de faire mieux. Pour compléter le 5 titulaire, aucune surprise. Le seul doute était sur la présence de Darius Bazley, touché à la cheville, mais le sophomore allait tenir sa place en compagnie de Hill, SGA, Dort et Roby.

Fil du match

L’équipe qui démarre le mieux la partie est sans aucun doute les Bulls. LaVine donne directement le ton avec un gros tir d’entrée et tous ses coéquipiers le suivent dans son élan. Que ce soit Patrick Williams, Carter Jr. ou encore Markkanen, tout le monde contribue et le Thunder ne parvient pas à répondre d’emblée. 10-4 Bulls. OKC réagit ensuite sous l’impulsion d’un Gilgeous-Alexander déjà très présent, bien aidé par l’énergie de Roby et l’adresse de Dort. Avec un dernier shoot de Muscala, le Thunder passe même devant : 16-14 Thunder. C’est à ce moment-là que les remplaçants commencent à faire petit à petit leur entrée sur le parquet, et la moindre des choses c’est de dire que ce n’est pas vraiment une entrée positive… Pendant 4 minutes, un seul panier est marqué côté OKC (merci SGA) et les Bulls en profitent pour refaire un écart grâce notamment à LaVine, Porter et surtout White. Le Thunder enchaine les tirs manqués, les choix approximatifs ainsi que les pertes de balle et se retrouve à 8 points à la fin des 12 premières minutes : 30-22 Bulls.

Le début du 2nd QT avec le banc entier sur le terrain n’améliore pas les choses. Maledon se montre un peu plus mais c’est surtout les shooteurs de Chicago qui vont être efficace. Temple, White et Markkanen vont s’en donner à coeur joie pour augmenter l’écart … 42-28 Bulls.

La fin du quart-temps et le retour des titulaires ne va absolument rien changer : au contraire, le Thunder ne semble pas pouvoir trouver de solution face à cette attaque des Bulls et l’écart augmente encore un peu plus, montant jusqu’à 18 points en faveur de Chicago à la mi-temps avec un score de 68 à 50. On voit alors mal comment les hommes de Mark Daigneault peuvent remonter dans ce match, tant l’écart de niveau entre les deux équipes est bien réel sur cette première mi-temps.

Pire : pour débuter la seconde mi-temps, les Bulls poursuivent sur leur lancée de la première et ce sont deux 3 points consécutifs de Zach LaVine qui viennent donner 22 points d’avance aux taureaux (76 à 54) alors qu’il reste encore plus de 9 minutes à jouer dans le quart-temps. On imagine alors que ce match va se transformer en un autre blow-out après celui déjà vécu face aux Lakers mais c’est au contraire le moment où le Thunder va se réveiller.

Et ce réveil il va se faire par deux joueurs : Luguentz Dort et Shai Gilgeous-Alexander. Si SGA était un peu plus en vue lors de la première mi-temps, Dort avait été plus que moyen, surtout offensivement. Mais à partir de ce moment, Lu va montrer qu’il est un joueur avec un très très grand potentiel : tout d’abord il y a 3 interceptions en l’espace de 90 secondes, des interceptions très importantes puisqu’elles soulagent la défense en souffrance et empêchent les Bulls de continuer à enchaîner les 3 points. Il y a ensuite un run de 10-0 à lui tout seul, où il ira chercher deux lancers avant de planter un gros 3, avant d’aller au drive pour inscrire 2 points, puis de provoquer une charge et ensuite de replanter un gros 3 sur la possession suivante. Offensivement comme défensivement, Dort est alors omniprésent et il est le grand artisan d’un Thunder qui n’est désormais plus qu’à 7 petits points des Bulls, à 74-81. La défense devient plus solide, force les pertes de balle pendant que l’attaque en profite en sanctionnant et en trouvant un peu d’adresse extérieure.

Après ce gros run de la part de Dort, c’est au tour de Shai de prendre les commandes en attaque. Lui qui depuis quelques matchs est en total contrôle va une nouvelle disséquer une défense, cette fois-ci celle de Chicago, en les matyrisant dans la peinture avec des lay-up qui tombent systèmatiquement dedans et avec de la provocation de faute en prime. Un dunk en contre-attaque de SGA permet au Thunder de revenir à 83-81 alors qu’il reste 3 minutes 30 à jouer dans le quart-temps, réalisant ainsi un comeback de 22 points de retard à seulement 2 en l’espace de 5 minutes.

Les Bulls semblent être sonnés et Billy Donovan ne renie pas ses habitudes en se révèlant être incapable de savoir quand prendre un temps-mort, un défaut qu’il a emporté dans ses valises en partant d’Oklahoma City. Néanmoins, à cause d’un banc en plus grande difficulté que lors des dernières sorties, les Bulls parviennent à recréer un écart de 8 points à la toute fin du 3ème quart suite à un 3 au quazi buzzer de Coby White. 95-87, le Thunder est tout de même de retour dans ce match.

Le passage du banc + Bazley va se révèler être extrêmement difficile. En effet, quasi personne n’arrive à marquer durant 3 minutes 30, la faute à un Bazley qui aura livré un match affreux, totalement à contre-temps du rythme du jeu, et à une problématique qui se pose à quasi tous les matchs : ce banc a du mal à marquer. Mais habituellement ce dernier tient défensivement, malgré ses lacunes en attaque, sauf qu’ici on sent bien que les Bulls ne sont pas loin de faire plier ce 5 et un 3 de Markkannen va porter le score à 101-90, obligeant ainsi Daigneault à faire rentrer beaucoup plus tôt que prévu Shai.

Pourtant, le retour de Shai puis la rentrée progressive des titulaires ne semble pas aider le Thunder. Des tirs beaucoup plus compliqués en attaque, un Bazley toujours pas inspiré et surtout une adresse extérieure insolente de la part des Bulls vont faire qu’à 4 minutes et 40 secondes de la fin du match, le Thunder est derrière de 16 points (115-99). C’est alors que Daigneault prend la décision de sortir Bazley pour mettre Kenrich Williams à la place, très en vue ce soir, notamment au niveau du hustle.

Le Thunder grignote alors son retard mais semble le grignoter trop lentement pour espérer revenir à temps. Un jumper de LaVine à 129 secondes de la fin donne 10 points d’avance à Chicago. On pense alors que le match est perdu, mais encore une fois, le Thunder va nous surprendre. Il y a d’abord un rebond offensif crucial de George Hill suite à un raté de Dort, rebond offensif qui découle sur une faute à 3 points de de Carter Jr. sur Muscala. Le pivot va inscrire ses 3 lancers pour réduire l’écart à 7 points. Une belle défense et un drive de SGA plus tard, l’écart n’est que de 5 points. C’est alors que Dort va réussir une énorme action défensive, se jetant tête la première pour récupérer une balle à 50-50 et prendre le temps-mort. C’est au tour de Kenrich Williams de marquer à la suite de ce temps-mort, -3. Les Bulls semblent complètement perdus et enchaînent les pertes de balle, dont deux charges consécutives cruciales pour la fin de match. Le Thunder ne va pas gâcher cette belle occasion de revenir au score et c’est par un and-one monstrueux de Shai (qui en profite pour battre son record en carrière) à 16 secondes de la fin du match que les hommes de Mark Daigneault recollent à 118 partout. Les Bulls ne feront rien de bien avec la dernière possession, le match part donc en overtime.

Ce début d’overtime sera très bien géré par le Thunder, avec notamment un 3 de Muscala et surtout, une défense en place qui ne laisse rien à l’attaque de Chicago, illustré par un Dort étouffant sur LaVine et à un Kenrich Williams qui aura tout donné défensivement. Néanmoins, OKC n’est pas encore tout-à-fait à l’abri d’un retour des Bulls en fin d’overtime, et même si un autre gros 3 de Muscala (son deuxième de l’OT alors qu’il n’avait rien rentré auparavant) permet au Thunder de mener 126 à 122 alors qu’il ne reste que 52 secondes à jouer, les Bulls vont revenir tout près grâce à un 3 points de LaVine alors que l’horloge affiche encore 6,8 secondes à jouer. Chicago va alors faire faute sur George Hill, qui ne va réussir qu’un lancer. 127-125 Thunder, les Bulls vont avoir une dernière chance de gagner le match ou d’égaliser pour aller chercher une deuxième overtime. Mais cette dernière possession des Bulls va être une nouvelle fois ratée et le tir de la gagne de LaVine sera manqué, victoire du Thunder.

Sur les 5 dernières saisons, 2930 équipes se sont retrouvées menées de plus de 10 points alors qu’il restait moins de deux minutes à jouer. Le Thunder est devenu cette nuit la deuxième équipe sur ces 5 saisons (après les Kings l’an dernier) à remporter le match. Si on ajoute à ça un comeback de 22 points de retard, le deuxième plus élevé cette saison dans la ligue, on obtient une superbe victoire pour débloquer ce compteur de win à domicile.

MVP

Il est impossible de donner ce MVP à quelqu’un d’autre qu’à Shai Gilgeous-Alexander. On doit quand même mentionner la très grosse performance de Dort, surtout en seconde mi-temps, où sa défense (6 interceptions, record en carrière) ainsi que son attaque auront fait beaucoup de bien à l’équipe, lui permettant de revenir dans le match. Néanmoins, c’est bien Shai le MVP inconstestable de ce match. Déjà parce que statistiquement sa performance est absolument superbe : 33 points (record en carrière) à 13/19 aux tirs, 3/5 à 3 points, accompagnés de 5 rebonds et 10 assists. Les débats sur la capacité de Shai à jouer au poste 1 ? Balayés en l’espace de 12 matchs tant il montre, match après match, qu’il est capable de créer pour les autres et de totalement porter ce costume de meneur de jeu. En défense, la progression est visible, même si d’autres progrès restent encore à faire. En attaque, il est sur une série de 5 matchs où il est en très grande réussite au tir. En effet, il prend moins de tirs extérieurs (pour au final en rentrer plus avec une plus grande adresse), va beaucoup plus au drive et cela lui réussit. Mais surtout, le point qui est le plus impressionnant chez Shai en ce moment, c’est comment il est devenu en très peu de temps le leader de cette équipe. Être le leader sur le terrain était évident tant on savait que Shai allait être bon cette saison, par contre être le leader en dehors du terrain de cette équipe n’était pas si sûr. Et on le voit : Shai est, avec l’aide de George Hill, le leader vocal du Thunder. Mike Muscala et Kenrich Williams ont été les premiers à en témoigner en conférence de presse après le match : Shai s’est comporté comme un leader avec eux, les motivant et en n’hésitant pas, lui aussi, à éléver le ton à la mi-temps. Il semble aussi se lâcher, montrant un peu plus ses émotions, comme lorsqu’il venait d’inscrire le and-one pour égaliser en fin de match. Bref, un match de patron de la part du Shai qui montre qu’il est en train de prendre une autre dimension, une dimension de joueur border all-star.

Débrief

Une équipe qui ne lâche rien

L’année dernière le Thunder était l’équipe résiliante par excellence : nombreuses ont été les fois où la franchise de l’Oklahoma s’est retrouvée largement menée au score avant de réussir un come-back pour aller chercher une victoire dans les dernières minutes. Cela avait été le cas face à ces mêmes Bulls l’année dernière, dans la même salle. Menés de 26, Chris Paul et toute la compagnie étaient parvenus à l’emporter dans le clutch. Et si on pouvait penser que cette résilience était partie en même temps que CP3 et Schröder, elle est encore bien présente au Thunder. OKC aurait totalement pu sombrer dans ce match une fois mené de 22 points. On a déjà vu cette saison des blow-outs mais à une différence près : ce n’est pas que le Thunder ne lâchait rien, c’était tout simplement parce que l’équipe d’en face était meilleure. Et cette nuit, le niveau des deux équipes était équivalent si ces dernières jouaient à leur plein potentiel. Le Thunder devait donc cette nuit ne rien lâcher et se mettre à rejouer correctement au basket pour revenir, et c’est ce qu’ils ont fait. Les joueurs de Mark Daigneault n’auront pas lâché, pas baissé les yeux, n’auront pas renié à faire les efforts défensifs, ni à prendre des coups pour provoquer une charge, ni à se jeter sur les ballons à 50-50. Et cette résilience a fini par payer et a donné ce gros comeback. Evidemment que le Thunder va encore perdre des matchs avec un gros écart, tout simplement parce que son effectif n’est pas parmi les meilleurs de la ligue. Néanmoins, on a quasiment pas vu de grosse défaite face à une équipe qui n’est pas un contender, ce qui montre bien que le Thunder s’accroche toujours. Et dans une équipe si jeune, il est très important de faire apprendre très vite aux joueurs à ne jamais lâcher, à ne jamais traîner des pieds. Oui c’est une victoire, oui ça peut embêter pour le tank, néanmoins des victoires comme celle-ci, avec des jeunes qui portent l’équipe et un comeback fait à l’énergie, c’est capital dans une reconstruction.

Le coaching de Mark Daigneault

C’est un point sur lequel on peut commencer à tirer des conclusions au fur et à mesure que les matchs avancent. Une des attentes qu’avait les fans du Thunder concernant Daigneault était de voir comment il allait gérer ce groupe, comment avec un effectif si jeune il allait coacher et gérer ses rotations. Si le début de saison n’est pas parfait en ce qui concerne le schéma de jeu en attaque, force est de constater que Daigneault sait ce qu’il fait. Et ce point est encore plus criant quand on le compare au match de Billy Donovan. Donovan c’est le mentor de Daigneault, c’est celui qui l’a suivi au Thunder comme assistant coach pour au final prendre sa place. Et les points faibles de Donovan au Thunder étaient surtout une gestion catastrophique des temps-morts ainsi qu’un manque d’adaptation en cours de match. Si cela a encore été le cas pour le coach des Bulls, ça ne l’a pas été pour le coach du Thunder. En effet, Daigneault aura su quand prendre les temps-morts, dessiner les bons systèmes en sortie de ces temps-morts et surtout, adapter ses rotations et son 5 en fonction du match. Exit le 5 full bench durant le 4ème quart, Bazley était présent (pas forcément en bien) dès le début. L’écart commence à être un peu trop élevé ? Daigneault fait très vite rentrer SGA pour stopper l’hémorragie. Bazley n’est pas bon sur ce match ? Il va sortir et ce sera Kenrich Williams ainsi que Mike Muscala qui vont terminer le match sur le parquet. Et ce sont ces ajustements qui ont fait que le Thunder a remporté ce match, parce que Daigneault n’a pas campé sur ses positions et ses rotations. Cela fait d’ailleurs plusieurs fois qu’il n’hésite pas à chambouler le 5 qui termine le match pour y insérer un joueur du banc qui est dans un bon soir. Encore une fois, au-delà de la victoire, qui au final importe peu, ce qui compte réellement, c’est de voir ce que propose Daigneault au coaching. Et on peut dire que c’est plutôt prometteur. En tout cas, il sait faire en 12 matchs ce que Billy Donovan a toujours eu du mal à faire au bout de 6 ans de coaching : faire gagner son équipe par des ajustements en cours de match.

En bref

Highlights

Première victoire de la saison à la Chesapeake pour le Thunder après ce comeback de 22 points face aux Bulls. Shai et Dort auront brillé, et le Thunder retrouve les 50% de victoire avec un bilan de 6 victoires pour 6 défaites. Néanmoins, un calendrier très compliqué s’annonce et ce dès la nuit de Dimanche à Lundi avec la réception de la meilleure équipe de l’Est : les Sixers.

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